C'est avec Foi et conviction que Dominique Daguet présente pour Christicity sa formidable entreprise : réaliser des conférences de présentation du Linceul de Turin...en Afrique.
Cela fait longtemps que la « nécessité » de présenter le Linceul du Christ aux chrétiens d’Afrique me hante littéralement : depuis que j’ai compris son efficacité catéchétique. Mais pouvais-je prévoir que ce j’ai mis si long-temps à concevoir serait d’emblée compris par ceux qui m’ont reçu au Burkina Faso ?
Il ne s’agit que d’une première étape, même si je ne sais pas quand il me sera possi-ble d’aller en Côte d’Ivoire, comme je devais le faire d’abord en octobre, puis en décembre, enfin en janvier pour finalement peut-être décembre prochain… Mais l’ambition affi-chée est de finir par déposer une exposition permanente dans chaque pays francophone de ce continent…
Mais d’abord donc le Burkina Faso : non prévu au départ, mais il semble que la Prov-dence ait donné le coup de pouce nécessaire. Au début de novembre, je demande au Père Chéreau, religieux de st Vincent de Paul, de m’inviter à déjeuner tel lundi de ce mois car j’avais besoin de le voir. Il me répond que c’est impossible ; je lui répond aussitôt : « Alors le lundi suivant ! », ce qu’il accepte, ajoutant qu’il serait tout de même peu visible car ayant un invité africain : « Eh bien, je serai ravi de faire la connaissance de cet Africain. »
L’Africain n’était autre que le Père Bertin, Vice-Provincial des Religieux de St Vincent de Paul pour le Burkina et la Côte d’Ivoire rési-dant à Bobo-Dioulasso : le projet ivoirien l’intéresse et il s’offre à m’aider dans ce pays où je devais me rendre, et ajoute que le Burkina n’est pas loin de là… J’entends la suggestion et dans la foulée lui propose le mois de janvier à Ouagadougou.
Puis m’arrive de Bouaké l’avis que ce dé-cembre 2006 risque d’être agité et qu’il faut repousser à janvier : courriel aussitôt envoyé au Père Bertin, qui me répond que c’est pro-videntiel car, pour lui, janvier n’était plus possible à cause d’un soudain voyage en Allemagne où il lui fallait rencontrer des donateurs.
Départ précipité, je craignais une visite inorganisée : car enfin j’y allais pour être ef-ficace ! J’oubliais que la Providence, ayant tout fait pour que ce voyage ait lieu, s’arrangerait pour que l’essentiel soit fait.
Point de détails touristiques : je n’étais là-bas que pour d’abord préparer le montage de l’exposition – je n’avais emporté que les élé-ments photographiques et textuels – ce qui impliquait la fabrication sur place de tous les supports et la composition des panneaux à partir de ces éléments avant de les protéger par leur plastification, pour ensuite donner le maximum possible de conférences et pour enfin rencontrer des membres de l’autorité ecclésiastique.
Tout cela a été fait, dans des conditions ré-jouissantes : l’accueil vraiment fraternel de tous ceux qui m’ont reçu, du Père Bertin aux archevêques de Ouaga et de Bobo en passant par les directeurs des Petits et Grands Sémi-naires des deux diocèses, le Supérieur du Noviciat des Religieux de St Vincent de Paul à Bobo, sans oublier les religieuses de Notre-Dame de l’Assomption à Ouaga, le Recteur du sanctuaire Notre-Dame de la Salette à Bo-bo, les directeurs de patronages tenus par les St Vincent de Paul, les membres d’une de leur Communautés parmi lesquels j’ai vécu comme l’un des leurs pendant une dizaine de jours. Sans oublier les nombreux auditeurs des conférences et méditation prononcées dans les deux cités, nettement plus d’un millier au total.
Ces conférences portaient sur quatre thèmes : l’histoire extraordinaire du Linceul, qui suffit quasiment aujourd’hui à authentifier ce document sans pareil ; la science mise à l’épreuve de ce dernier vêtement du Christ alors que jusqu’à ce jour on pensait que c’était lui que la science soumettait à son épreuve ; la passion de Jésus selon tous les enseignements rassemblées au cours des innombrables recherches scientifiques entreprises depuis cent ans ; enfin l’examen du signe du salut qu’est ce Linceul, signe du lien possible entre la science et la foi, signe de l’incarnation véritable de Jésus, signe de sa passion dont les détails souvent fort difficiles à contempler se retrouvent toujours en accord avec les généralités données par les évangiles, signe de la résurrection de par l’explication non-scientifique à laquelle il faut recourir pour tenter d’expliquer la formation toujours in-compréhensible de l’empreinte et l’impec-cabilité des taches de sang, signe encore de l’Alliance de par la sorte de contrat qu’il représente, la signature du Christ étant évi-dente et la nôtre non moins du fait des 700 plaies que révèle l’image, signe d’espérance et enfin signe de Jonas puisque rassemblant en lui tant de signes corroborant tout ce que nous enseigne les évangiles.
La réponse des auditeurs, parmi lesquels furent Mgr Anselme à Bobo et Mgr Campaoré à Ouaga, ce dernier venu s’asseoir à ma droite pendant la méditation sur la Passion, m’a convaincu que j’étais à chaque fois com-pris et que l’on ne se méprenait pas sur cette relique conservée à Turin : on ne la prenait pas pour une preuve qui aurait obligé la foi, mais pour un signe la confortant, même si l’on est en droit aujourd’hui de dire que le Linceul apparaît bien comme un document historique concernant le personnage historique nommé Jésus de Nazareth : sim-plement il nous laisse libre de croire ou non que Jésus est également le Verbe incarné en-voyé par son Père, notre Père.L’exposition sera prête sans doute à la fin du mois de janvier et restera dans un premier temps jus-qu’en décembre à Bobo : dans un second temps elle viendra à Ouaga quelques mois avant d’effectuer une tournée à travers tout le pays, de diocèse en diocèse. Puis un jour, dans trois ou quatre ans, lorsque le Père Bertin aura installé une nouvelle communau-té de religieux de St Vincent de Paul dans la capitale, lorsqu’il aura pu construire la cha-pelle dont nous avons longuement réfléchi sur ce qu’elle devrait être et qui portera le nom de Notre-Dame de la Sainte Face du Christ Ressuscité, l’exposition y prendra place, justifiant alors l’existence d’une sorte de pèlerinage national destiné à faire grandir l’amour du Christ dans le cœur des chrétiens burkinabès.
Étant donné ce que j’ai vu là-bas – une Église structurée, en pleine expansion, d’une vitalité magnifique même si elle rencontre des difficultés considérables tant matérielles que pratiques – l’Islam, par exemple, ne va pas sans poser, ici ou là, des questions parfois sans réponse, tant est forte sa pression, son désir d’apparaître partout même là où il ne rassemble presque personne, mais là surtout où il est nombreux -, étant donné ce que j’ai entendu – les expressions multiples d’une foi sans complexes, qui s’affirme haut et fort, qui se vit au quotidien avec une piété rarement constatée chez mes compatriotes, je me suis conforté dans le désir de poursuivre en d’autres pays le même effort, dans l’espoir de trouver les moyens financiers nécessaires pour ce faire… Il faut savoir qu’une telle opé-ration mobilise, tout compris, une dizaine de milliers d’euros ! Or, il existe quelque dix-sept pays francophones en Afrique ! Sans l’aide des adhérents de mon association – répartis actuellement sur une vingtaine de départements français – il m’aurait été impossible d’accomplir cette première étape africaine et d’espérer poursuivre cette mis-sion.
Nous savons que le signe de Jonas est un signe de conversion : le Linceul ne donne pas la foi, et il faut particulièrement veiller à ce que la confusion ne s’installe pas car la foi est don de Dieu, mais il peut aider efficacement à la désirer : il suffit souvent de laisser parler son cœur quand, à travers ce témoin irrécusable, on saisit le caractère insou-tenable, humainement parlant, des douleurs et des souffrances endurées par le Christ. Là-bas, certains sont venus me serrer dans leurs bras pour leur avoir fait retrouver un tel si-gne, qu’ils croyaient perdu : comment pourrais-je renoncer aujourd’hui après une telle introduction ?