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Philantropos, pour batir la civilisation de l'amour
A l'automne 2004 ouvrira à Fribourg en Suisse l'Institut Philanthropos. Ce nouvel institut européen d'études proposera une formation anthropologique basée plus particulièrement sur la philosophie et la théologie. Son but est de promouvoir une culture de l'amour, de la vérité et de la vie, fondée sur une conception de l'homme éclairée par la foi chrétienne. Entretien avec Yves Semen, Docteur en Philosophie, Professeur à la Faculté Libre de Philosophie de Paris et Directeur de l'Institut Philanthropos.
Yves Semen, comment est née l'idée de créer l'Institut Philanthropos et à quoi ce projet veut-il répondre ?
La création de l'Institut Philanthropos s'est faite sur l'initiative du Père Nicolas Buttet, modérateur de la Fraternité Eucharistein, qui avait été frappé par une réflexion de Jean-Paul II qui affirmait que la crise contemporaine était d'origine anthropologique. Derrière tous les débats contemporains -que ce soit dans le domaine de l'économie, de la bioéthique, de l'éducation, des sciences sociales- se profile la question de savoir ce qu'est l'homme. A tel point qu'aujourd'hui, il n'est plus possible d'exercer pleinement des responsabilités quelles qu'elles soient, sans être capable de répondre à la question « Qui est l'Homme ? «. Nous sommes persuadés qu'une telle offre de formation, concentrée sur une année universitaire, est de nature à répondre à l'attente de beaucoup de jeunes d'aujourd'hui qui cherchent une réponse à cette question fondamentale.
Philanthropos se veut ainsi un lieu où l'on cultive l'entière vérité de l'homme envisagé selon un double regard, philosophique et théologique, dans un climat de vie spirituelle qui permet d'accueillir pleinement cette vérité.
Comment Philanthropos a-t-il été accueilli par l'Eglise ? Quels soutiens vous ont été apportés ?
Mgr Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a approuvé la création de l'Institut Philanthropos et lui apporte le soutien de l'autorité diocésaine. Les cardinaux Georges Cottier et Christof Schönborn sont aussi membres du Comité d'honneur. Notre institut atteste ainsi de sa volonté de s'inscrire de manière ecclésiale dans la dynamique de la nouvelle évangélisation.
Par ailleurs, Philanthropos est soutenu par un Comité d'honneur qui compte actuellement une vingtaine de personnalités européennes très diverses qui lui apportent leur garantie morale et leur appui. Parmi ces personnalités : Sœur Emmanuelle du Caire, Ottto de Habsbourg, Jean et Lucette Alingrin, Jean-Yves Naudet, Michel Boyancé, Pierre Magnard, Alain Deleu, Patrice de Plunkett, Jean-Marie Le Méné, Jan Sokol...
Philanthropos ne fera-t-il pas « concurrence « à l'Université Catholique de Fribourg ? Quelles sont les particularités pédagogiques que vous proposez ?
Des contacts ont été pris de longue date pour faire en sorte que Philanthropos s'insère harmonieusement dans le paysage universitaire fribourgeois et en complémentarité avec l'offre de formation existante. Sa vocation est résolument européenne et déborde largement les frontières du canton de Fribourg et de la Suisse. Sa proposition de formation -l'anthropologie chrétienne en dialogue avec les autres approches anthropologiques et culturelles et en référence aux grandes problématiques contemporaines- n'est actuellement offerte nulle part ailleurs.
De plus, Philanthropos se veut davantage qu'un institut universitaire et se présente comme une « Ecole de vie « qui comprend trois dimensions : la vie intellectuelle, qui est évidemment celle qui est la plus visible puisqu'il s'agit d'un institut de formation, mais également la vie commune sur le lieu même de l'Institut et la vie spirituelle animée par la Fraternité Eucharistein et les sœurs franciscaines de Baldegg, à laquelle les étudiants peuvent participer. En ce sens, Philanthropos constitue une proposition tout à fait originale de « pédagogie intégrale « qui n'a pas actuellement d'équivalent en Europe.
A qui s'adresse votre institut ?
En priorité à celles et ceux qui, avant de s'engager dans une voie universitaire, technique ou professionnelle, désirent se former à une approche unifiée de l'être humain et de sa vocation. Elle prend donc logiquement place, soit comme préalable à une formation universitaire ou technique à la manière d'une propédeutique, soit comme conclusion d'une telle formation avant l'entrée dans la vie professionnelle.
Nous visons en particulier tous ceux qui hésitent encore à s'engager dans telle ou telle voie universitaire ou professionnelle et qui ont besoin d'un peu de temps pour discerner et mûrir leur projet de vie personnel.
Au terme de leur année à l'Institut Philanthropos, les étudiants et étudiantes se trouveront particulièrement bien préparés à entreprendre des formations ou des métiers dans tous les domaines où la personne doit être prise en compte dans toutes ses dimensions : communication d'entreprise, journalisme, éducation et enseignement, médecine, psychologie, gestion des ressources humaines, arts, sciences politiques et économiques...
La rentrée est prévue pour le 20 septembre prochain. Tout est en ordre pour accueillir les étudiants ?
Nous avons la chance de bénéficier de locaux vastes et fonctionnels, généreusement mis à disposition par les sœurs de Baldegg : un ancien pensionnat tout à fait adapté qui comprend un foyer et offre aux étudiants la possibilité de résider sur place et de bénéficier d'un service de restauration. D'autre part, nous achevons la constitution du corps professoral qui compte déjà une trentaine de professeurs issus des grandes universités européennes, ainsi que des intervenants du monde professionnel.
L'heure est maintenant venue de faire connaître Philanthropos auprès des jeunes susceptibles de venir s'y inscrire pour une année dense de réflexion sur la totalité de la réalité humaine. Ce sera aussi pour eux l'occasion de mieux se connaître eux-mêmes et de découvrir ce pour quoi ils sont faits.