Il ne faut jamais se fier aux apparences. Ce que nous voyons, ce que nous touchons, et ce que nous savons, de la Nouvelle Evangélisation, n'est qu'un commencement, un linéament, le début d'un embrasement. L'Esprit peut et veut nous donner plus encore, s'il se trouve parmi nous des gens pour Lui dire : « me voici ».
Je suis souvent témoin de miracles extraordinaires : dans le monde d'aujourd'hui, des jeunes, et des moins jeunes, se lèvent pour évangéliser. On a beau leur expliquer, en interne comme à l'externe, que ça ne se fait pas, qu'il faut vivre caché, et ne pas empiéter sur la vie privée des autres, on a beau leur rappeler qu'ils n'ont rien inventé, et que, l'Evangile, on connaît, rien n'y fait : ils persistent. Attachés à Jésus, on dirait qu'ils croient ses paroles, plus que les habitudes admises : viens, suis-moi, laisse les morts enterrer leurs morts, celui qui se déclarera pour moi devant les hommes, je me déclarerai pour lui devant mon Père, allez, de toutes les nations faites des disciples, il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime... Non contents de prendre les choses au pied de la lettre, ils se permettent en plus de faire du bruit, des spectacles, et du rock, et de porter « Jésus « sur leurs tee-shirts, de former des groupes de prière, ou d'évangéliser dans la rue. Pensez donc !
Eh bien, tout cela, qui fait râler, convenons-en, n'est en fait qu'un commencement !
Je suis un spécialiste du « gourage à donf « , si vous me permettez ce néologisme barbare, et qui pourrait signifier : se tromper, mais vraiment, et en grand, puis revenir en arrière en se disant : « mais quel con ! »
Primo, quand j'étais môme, je me suis moqué du scoutisme. Je riais comme un fou de ces idiots en short qui allaient faire les indiens sous la tente, le foulard au cou et la goutte au nez. Et puis, un camarade m'a invité à y voir de plus près. Total : vingt ans de passion, des copains par dizaines, deux ans de ma vie passés sous la tente, tout mis bout à bout, et parmi mes plus beaux souvenirs : des prières, le soir, sous les étoiles, près des braises de fin de veillée, le nez pleins des odeurs de nature, les chants à quatre voix, cantiques éternels que chantent aussi les anges. L'impossibilité aussi, de dire par des mots à quel point c'est génial, passionnant, à quel point ça te change la vie, dans toutes ses dimensions, en grand, et en couleur...
Gourage, donc, sur ce mouvement, apparu tout d'abord à mes yeux comme ridicule, et qui a donné tellement de goût à ma vie ensuite. Il m'a même permis de rencontrer ma femme...
Après, ou en même temps, il y a eu le Renouveau. Mêmes a priori idiots, voire pire, mêmes mensonges assassins entendus et repris, même refus. Un ami m'a entraîné dans un groupe de prière, chez des sœurs Clarisses. Et boum, en peu de temps, l'effusion, les charismes, la louange, et ma vie spirituelle qui passe du noir et blanc à la couleur. Les sacrements qui, de trucs un peu chiants mais obligatoires, deviennent des sucreries pour l'âme, et la Parole, torrent d'amour donné et médité. Et la question, troublante : mais comment ai-je pu supporter la religion avant ça ? Et de comprendre que toujours, la grâce nous précède...
Alors, je vous l'avoue, quand j'ai commencé à entendre parler de la Nouvelle Evangélisation, je l'ai d'abord mal pris, ce truc. Qu'est-ce que ça vient faire là, qu'est-ce que ça signifie, dans quoi on nous embarque, etc. Et puis, j'ai glissé dans l'autoradio de ma voiture d'alors le CD de Glorious. Et là, je ne sais pas pourquoi, j'ai compris aussitôt que ma vie allait encore être bouleversée. Je me suis arrêté sur le bord de la route, et j'ai dit au Seigneur : « merci. « Je pleurais même, pour tout dire, et une voix intérieure disait : « c'est maintenant. Ça a commencé. C'est maintenant. Amen, merci Jésus, c'est maintenant. «
Je pense que la prophétesse Anne et le vieillard Siméon