Nous sommes deux séminaristes en formation dans le diocèse de Valence (Drôme) à être rentrés en même temps au séminaire en septembre 96. Nous avons fait nos deux premières années (1er cycle) de formation au séminaire saint Irénée de Lyon. Nous témoignons l'un et l'autre que ce premier cycle a été vraiment un temps de formation sur le plan humain, intellectuel et spirituel. Comme tout discernement, nous avons connu chacun à notre niveau des temps d'épreuves. Autant l'un que l'autre, l'accompagnement spirituel nous a aidé, d'une part, à avancer dans le discernement de notre vocation, et d'autre part, nous a aidés à nous poser les vraies questions sur nous-mêmes, sur l'Eglise et sur notre vocation.
Il est très important pour nous de ne pas avoir choisi notre lieu de formation mais d'y avoir été envoyé par notre évêque. En effet, l'Eglise diocésaine se veut pour nous, le lieu de l'épanouissement de notre vocation. C'est elle qui nous aide, en toute confiance, à mener notre projet au bout. C'est une manière déjà, de vivre et de nous préparer à la promesse faites à l'ordination : « Vivre en communion avec son évêque et ses successeurs dans le respect et l'obéissance « (cf. rituel d'ordination). Toutefois, nous sommes disponibles aujourd'hui, conscients que c'est l'Eglise qui choisira de nous appeler ou pas.
A l'issu du 1er cycle, nos chemins se sont séparés selon nos besoins respectifs et selon le discernement de la volonté de Dieu dans nos vies.
Pour moi, Benoît, j'ai effectué mon service militaire pendant un an. A l'issu de quoi, j'ai passé une année en paroisse à plein temps, dans le but de poursuivre mon discernement et découvrir une nouvelle réalité pastorale. Ce temps très bénéfique, m'a amené à rentrer en second cycle au séminaire Saint -Irénée. Je rentre donc cette année en 4ème année de formation.
Quant à moi, Fabien, j'ai perçu la nécessité d'arrêter la formation. Rentré au séminaire juste après le bac, à 18 ans , à peine, j'ai voulu prendre du temps en dehors de l'institution pour vivre autre chose, grandir en maturité et élargir mon expérience. J'ai alors entamé des études universitaires de biologie : Deug, licence, et maintenant maîtrise. La vie d'étudiant, et mes engagements notamment dans le scoutisme m'ont aidé à faire le choix, au bout des trois ans, de reprendre le chemin de la vocation en vue du ministère presbytéral. Me voici donc séminariste en stage d'étude profane (de biologie) pour le séminaire Saint Irénée, dernière année avant de rentrer en second cycle.
Nous voici tous les deux réunis ici, à Lyon, pour le 1er rassemblement-pèlerinage de tous les séminaristes français. Le thème retenu pour ces 3 jours (14,15,16 septembre) est : « Aux sources de la foi à Lyon , pour proposer la foi en France au XXIème siècle «.
Nous avons le sentiment ici qu'il existe une grande fraternité entre nous, et nous sentons qu'elle est vécue concrètement ici à Lyon pour cette grande première. En effet, jamais l'initiative n'avait été prise de rassembler tous les séminaristes de France. Ce rassemblement est vraiment signe d'espérance car nous voyons une génération nouvelle arriver, issue des JMJ et de Jean-Paul II. De fait, nous sentons un climat de paix que ce soit entre nous mais aussi avec nos formateurs.
Un des enjeux de ce rassemblement est que nous puissions être réunis pour nous rencontrer, prier ensemble, et être instruits par nos évêques des nécessités de la proposition de la foi pour notre société du XXIème siècle. Cela témoigne d'une unité dans la prise de conscience et dans l'action pour l'évangélisation. Dieu sait si l'unité est aujourd'hui importante dans l'Eglise et combien nous devons veiller à l'entretenir. Dieu sait qu'il existe une diversité ici en nous regardant que ce soit par l'âge, les origines, les sensibilités, mais le climat qui règne ici est vraiment celui de l'unité et de la fraternité. C'est un grand signe d'espérance pour notre ministère futur.
Remplis d'espérance, nous