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Alliance et fécondité
« Seul Dieu peut faire du mal un plus grand bien ». En témoignent Véronique et Éric, qui, pour surmonter leur épreuve de couple marié, ont créé une association « Alliance et Fécondité » dont ils nous expliquent cette semaine la genèse.
En effet, nous avons vécu la douloureuse épreuve d'apprendre au début de notre mariage que nous ne pourrions pas avoir naturellement d'enfants issus de notre chair.
Cette épreuve a dans un premier temps fortement ébranlé notre jeune couple. Puis nous avons été poussés par le corps médical à entamer rapidement un parcours de procréation médicalement assistée.
Nous nous sommes alors trouvés devant des choix éthiques difficiles, pris entre la pression de notre souffrance et des propositions médicales qui nous paraissaient susceptibles d'altérer profondément notre alliance et d'engager la vie dont nous nous sentions responsables devant Dieu dans des chemins hasardeux et incontrôlés.
Accompagner les couples infertiles
Profondément croyants, nous nous sommes tournés vers l'enseignement de l'Église, ce qui a augmenté notre perplexité. En effet, en 1987 par le document «donum vitae» elle a émis au plan des principes de nombreuses réserves contre la procréation médicalement assistée, renforçant ainsi nos inquiétudes et nos doutes. Que faire alors ? Dans une grande solitude, nous nous sommes battus pour renforcer notre amour et trouver notre propre chemin de fécondité, en cherchant ce qui pourrait nous aider à éclairer notre chemin et à traverser cette épreuve dans le respect de notre mariage et de nos convictions.
Nous avons fait alors le constat douloureux qu'il n'y avait aucune organisation en France ni dans l'Église, ni dans la société civile, pour accompagner les couples confrontés à cette grande souffrance.
Elle n'est pourtant pas si rare. Plus de 10% des foyers sont concernés par ce problème ! Et il s'aggrave puisque le nombre d'hommes hypofertiles croit sans cesse.
Une question de société
Pourtant cette question de la lutte contre la stérilité, au-delà même de la souffrance des couples sans enfant engage la société toute entière et l'avenir de nos conceptions les plus fondamentales sur l'homme. La société est concernée par les choix faits par la recherche médicale et les solutions proposées aux couples infertiles. Les réponses proposées à la stérilité et la manière de procréer ébranlent ce qui paraissait jusqu'ici être les fondements les plus naturels des liens familiaux et sociaux. Il s'agit d'une révolution silencieuse sans précédent dans l'histoire. Décider de «fabriquer» des enfants au lieu de les accueillir, de faire commencer la vie hors du corps de la femme, de substituer à l'intérieur du couple les gamètes du conjoint par celles d'un ou d'une inconnue, de congeler des embryons, puis de les détruire ou de s'en servir comme «matière première» pour des expériences scientifiques, de faire naître de grands prématurés, tout cela et tous les possibles prolongements de ces techniques, conduit à remettre en question à la base nos conceptions de la science et plus encore de l'homme, de la maternité et de la paternité, du lien entre la sexualité et la procréation, du rôle du couple, des liens entre la liberté des individus et des familles et le pouvoir de contrôle de la société.
Or c'est au nom de la lutte contre la stérilité que toutes ces recherches ont été engagées sur un plan purement scientifique, alors que le plus évident, la nécessité d'accompagner ces couples dans leur souffrance fondamentale n'est assurée ni par la médecine, ni par des associations civiles, ni par l'Église sur le plan pastoral.
C'est ainsi que peu à peu, de la confrontation avec les textes catholiques, de notre souffrance, notre amour, nos prières, et de notre prise de conscience progressive des enjeux est née la conviction que nous devions en tant que couple concerné faire quelque chose pour les couples en mal d'enfant. Afin qu'ils prennent eux-mêmes en main leur souffrance, et qu'ils trouvent leur propre solution pour que leur alliance soit féconde, en pleine conscience. C'est ainsi que nous avons créé l'association « Alliance et Fécondité».
L'autre fécondité de Dieu
Notre témoignage aujourd'hui est de redire que l'essentiel est le respect de l'alliance du couple et des personnes dans l'ensemble de leurs composantes. Le mariage est un sacrement. Il n'est pas seulement l'union de deux êtres, Dieu y est également engagé. C'est la rencontre pour l'éternité d'un couple homme et femme avec Dieu. C'est au sein de cette alliance (alliance des conjoints entre eux, alliance du couple avec Dieu), que la fécondité du couple doit être trouvée. En effet, c'est dans les fondations du couple, en particulier lors des fiançailles, qu'est semée la graine de la fécondité. C'est sous le regard de Dieu, ou pour les non croyants, en accord avec les convictions éthiques de chacun, que le couple doit décider de ce qu'il peut, ou ne peut pas faire. Le couple n'est pas créateur de la vie, il est «pro-créateur», associé avec Dieu dans l'aventure de la fécondité. Celle-ci ne doit pas être recherchée seulement au plan physique et mécanique de la rencontre des gamètes, mais au plan de la rencontre profonde, en conscience, des conjoints face à Dieu qui peut leur donner malgré une stérilité physique une grande fécondité.
Nous croyons que la fécondité du couple ne passe pas forcément par les enfants, et qu'elle ne s'arrête pas à eux. Le besoin naturel de fécondité du couple ne peut pas être une excuse pour autoriser tous les débordements scientifiques ou sociologiques. La souffrance de la stérilité doit être dépassée, et non pas creusée par le couple.
Lorsque notre propre souffrance, toujours présente, s'est atténuée, c'est cette prise de conscience que nous avons voulu faire partager à d'autres couples.
Entourer et informer les couples stériles
L'association s'adresse d'abord aux couples qui découvrent leur stérilité et se retrouvent souvent dans une grande détresse. Le couple est totalement désemparé et dans une profonde solitude face à une telle nouvelle ! Il est très important alors qu'il puisse rencontrer d'autres couples connaissant cette épreuve. Les conjoints doivent pouvoir s'informer objectivement, réfléchir, être réconfortés et accompagnés. Qu'ils s'orientent ensuite vers la procréation médicalement assistée, ou l'adoption, ou d'autres fécondités, il faut les aider à passer les mois et les années difficiles où ils vont faire leur deuil de l'enfant «normal» qu'ils espéraient légitimement, en fortifiant leur alliance, voire leur foi pour les croyants, ébranlés et blessés par la souffrance de la stérilité. Même la FIV ou l'adoption n'efface pas la souffrance de ne pas pouvoir donner naturellement d'enfant à son conjoint, et de petits-enfants à ses parents.
Cette association est fondée principalement sur la grâce et l'efficacité du sacrement de mariage, d'où le mot « Alliance ». Alliance et Fécondité s'adresse à tous les couples, chrétiens ou non, qui sont confrontés au problème de l'absence d'enfant, ou qui ont été blessés dans leur fécondité et qui en souffrent. Mais aussi à tous ceux qui sont sensibilisés par les problèmes éthiques que posent les nouvelles techniques de fécondation, et l'adoption internationale.
Le but premier de l'association consiste à informer ceux qui doivent faire face à l'annonce de l'infertilité. Leur donner les moyens de se documenter sur les techniques de substitution, y compris l'adoption, dans le respect de leurs convictions. L'association leur propose la réflexion de l'Église, comme un moyen de provoquer leur réflexion sans vouloir l'imposer mais en poussant les couples à chercher dans les fondements profonds de leur alliance leur propre chemin et les moyens d'être féconds malgré tout. Après avoir débroussaillé la jungle de leurs interrogations, ils pourront prendre en conscience une décision, quelle qu'elle soit, qui leur permettra d'avancer et de construire à nouveau un avenir à leur amour.
Dans le cœur de l'Eglise...
Parallèlement à l'information médicale, juridique et sociale, l'association veut donner également un soutien spirituel, principalement aux couples mariés à l'Église catholique. Nous sommes persuadés que l'Eucharistie, en particulier, est un ciment très fort du couple, qui renforce le sacrement de mariage et l'union des époux avec Dieu, source de toute fécondité, selon la parole du Christ «si vous demeurez dans mon amour, vous porterez du fruit.»
Alliance et Fécondité veut également se faire le porte-parole de ces couples au sein de la société et au sein de l'Église. Elle veut participer au débat éthique auquel notre société est confrontée à la suite des découvertes scientifiques sur la procréation, et aux enjeux humains qu'elles engagent, notamment dans la direction du désir d'un enfant parfait à tout prix. En tant qu'association de couples, elle veut rappeler que la responsabilité de transmettre la vie dans l'amour est d'abord celle des couples, que la société et la science ne doivent pas les déposséder de cette responsabilité mais les aider dans leur mission dans le sens d'un respect toujours plus grand de la personne humaine.
Au sein de l'Église, Alliance et fécondité veut stimuler la réflexion théologique et éthique sur ce «mystère de la stérilité» et sur le débat ecclésial ouvert après Donum vitae en 1987. Elle veut surtout favoriser l'émergence d'initiatives et de structures pastorales qui prennent en charge cette souffrance des couples infertiles, conformément d'ailleurs aux souhaits exprimés à plusieurs reprises par Jean-Paul II qui malheureusement ont été très peu entendus dans l'Église, et notamment en France. C'est par exemple dans ce contexte qu'Alliance et fécondité, à l'occasion d'une journée de la fécondité qu'elle organise le 2 février 2003, fait une campagne auprès de tous les diocèses français, pour attirer l'attention des évêques sur cette question pastorale.
Spiritualité de l'association : la Visitation, la Présentation et le mystère pascal
Deux axes se dégagent : d'abord les mystères de l'Evangile de l'enfance, surtout les mystères de la Visitation et de la Présentation.
Notre association se ressource dans l'épisode de la Visitation selon l'Evangile de Luc, c'est-à-dire juste après l'annonciation, de la rencontre de Marie, enceinte de Jésus, avec Elisabeth, enceinte de Jean-Baptiste. Cela peut paraître assez surprenant. Pourtant il nous semble que ce début de l'évangile met tout à fait en lumière les liens entre l'Alliance et la Fécondité, ainsi que l'alliance entre le couple et Dieu. Nous voyons que la «nouvelle Alliance» de Dieu et des hommes commence par la description de deux couples confrontés chacun à une situation particulière quant à leur fécondité propre. La bonne nouvelle de l'Evangile et l'œuvre de Dieu passe au début de l'évangile par la description du chemin de stérilité physique de ces couples.
A la Visitation, deux couples se rencontrent. Marie et Joseph et Zacharie et Elisabeth. Deux couples confrontés à des problèmes de fécondité : Marie et Joseph ne souhaitaient pas d'enfant, et, avant même qu'ils soient mariés, Marie est enceinte par l' intervention tout à fait unique de Dieu, manifestée par l'annonciation de l'ange Gabriel et l'opération miraculeuse de l'Esprit-Saint, nous dit la foi.
Élisabeth et Zacharie souhaitaient un enfant, ils ont attendu des lustres en vain. Quand finalement Dieu par l'ange Gabriel leur promet un enfant, Jean-Baptiste, cela leur paraît tellement incroyable qu'ils n'y croient pas dans un premier temps. La Visitation est le moment où les deux femmes enceintes relisent ensemble dans leur vie comment Dieu a agi en elles, et comment l'alliance de leurs couples a été fécondée par l'Alliance avec Dieu. Et c'est là qu'éclate le chant du magnificat, qui proclame avant tout la fidélité de Dieu qui comble celui qui se confie en lui.
Là se trouve le modèle de nos rencontres : un couple se rend chez un autre et les merveilles de Dieu sont dévoilées. C'est un dialogue de couple à couple mais qui peut passer aussi par un dialogue entre hommes et entre femmes, les uns et les autres ne vivant pas toujours de la même manière l'épreuve de la stérilité. La Visitation attire également notre réflexion sur deux enfants encore en gestation dans le sein de leur mère et pourtant déjà remplis de l'Esprit Saint : Jésus et Jean-Baptiste, qui commence déjà sa mission de prophète, en tressaillant de joie à l'approche du Christ. Il y a là de grandes lumières à creuser concernant la réflexion éthique sur les embryons.
Le mystère de la Présentation, où Marie et Joseph offrent l'enfant Jésus à Dieu nous apprend nous aussi à offrir à Dieu notre fécondité, en restant dans une attitude d'action de grâce et d'adhésion active à sa volonté.
Un autre axe de notre spiritualité, c'est aussi bien sûr le mystère pascal. Nous gardons les yeux sur le Christ au mont des Oliviers, nous apprenant à offrir à Dieu une prière pleine de confiance au plus fort même de l'épreuve : «Père si tu le veux, éloigne de moi cette coupe, cependant que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se fasse!» (Lc, 22-42). De même, tout en demandant à Dieu un enfant, nous voulons croire qu'Il sait ce qui est le meilleur pour nous et nous lui demandons d'accepter la fécondité qu'Il a choisie pour nous, quelle qu'elle soit, et de nous éclairer et de nous aider sur notre chemin particulier. Nous pensons aussi que le Christ lui-même a connu cette souffrance du couple sans enfant, qui est celle d'un amour qui ne peut se répandre.
Ainsi d'une manière cachée et mystérieuse, mais réelle, le couple sans enfant peut, au plus fort de sa douleur, communier à la souffrance du Christ solitaire sur la croix, et à l'apparente stérilité de sa vie et de son message à ce moment-là. Nous nous sentons interpellés par le message du Christ à Paray le Monial, qui se plaint à sainte Marguerite-Marie du peu de réponse des hommes à son amour, qui ne peut se répandre autant qu'il le voudrait. Cette souffrance du coeur de Jésus rejoint en leur intime celle des couples blessés dans leur amour. Ainsi si les couples avec enfants sont témoins de la fécondité du Dieu de la création, les couples sans enfants sont aussi à leur manière témoins d'un aspect du mystère du l'apparente «stérilité» de l'alliance de Dieu pour une grande partie de l'humanité. Le mystère de leur amour apparemment stérile rejoint à une grande profondeur le mystère du rejet par certains de l'amour de Dieu, manifesté par la Croix.
Et dans la foi en la Résurrection, nous croyons que Dieu relèvera d'autant plus leur amour en leur donnant une fécondité encore plus grande que la fécondité naturelle. Nous pensons également que les couples qui surmontent cette souffrance de la stérilité et l'acceptent au nom de leurs convictions éthiques ont un témoignage à donner à notre société.
Une tendresse spéciale est réservée à Thérèse de Lisieux, qui sait si bien réconforter les âmes en détresse, et à St François de Sales, apôtre de l'équilibre et de l'amour confiant en la providence divine.
Concrètement : le parrainage du couple par un couple accueillant.
Nous croyons qu' Alliance et Fécondité n'est pas là pour apporter des réponses toutes faites, et donner des solutions préparées, mais pour aider chaque couple à «accoucher» en quelque sorte de sa propre solution. C'est à lui de voir, dans les fondements de son alliance, où se trouve le chemin de sa fécondité.
Cependant, l'expérience d'autres couples peut l'aider dans ce chemin. Le couple «parrain», accueillant est là pour écouter, et faire naître au jour ce que porte le couple accueilli et l'accompagner sur son chemin. Ce qui se vit dans cette épreuve ne peut être pleinement compris que par un autre couple qui l'a déjà vécu. Même les meilleurs amis ne peuvent entrer dans l'intimité de cette souffrance. Au cours de leur vie de couple, la grâce de fécondité du couple accueilli a été bloquée. Le rôle du couple accueillant est seulement de les aider à faire sauter l'obstacle qui empêche l'écoulement de la grâce divine. En somme, nous voulons sur le plan spirituel réaliser ce que font les médecins sur le plan physique : emprunter à un couple sain ce qui manque au couple en difficulté de fécondité. Concentrer la vie spirituelle qui est en eux, et l'aider à redevenir active.
Mais à notre hôpital, pas de solution imposée, pas de tentative pour influencer le couple. La solution la meilleure est celle que Dieu veut pour eux. Que ce soit l'adoption, la fécondité spirituelle, intellectuelle, artistique, ou autre.
La prière tient naturellement une place importante dans l'association. Car ce n'est qu'avec l'aide de l'Esprit Saint que le couple accueillant peut jouer son rôle, et ce n'est que dans la prière commune ou individuelle, que le couple accueilli discernera ce que Dieu attend de lui. Pour le soutien spirituel des couples, une place particulière est donnée à l'adoration du Saint Sacrement et aux chaînes de jeûne et de prière. Ainsi tout un chacun peut participer à l'action de l'association.
Rencontres entre les deux ménages
En pratique, les rencontres débutent souvent par un repas simple en commun, précédé d'une prière pour mettre cette rencontre sous le regard de Dieu. C'est un lieu naturel de communion, comme nous le montre Notre Seigneur lors de la Sainte Cène. Après le repas qui ne doit pas être trop long, il y a un temps de réflexion, éventuellement nourri par un texte ou une cassette d'enseignement sur le mariage et la fécondité, puis un temps de partage entre les deux couples.
Ce partage peut avoir lieu aussi en séparant les hommes des femmes car la souffrance de la stérilité n'est pas vécu de la même manière et il est important de pouvoir communiquer en tenant compte de cette différence de sensibilité. C'est un moment privilégié où peuvent se dire des choses qu'on n'ose pas dire à quelqu'un d'un autre sexe. Même à son conjoint. Ces échanges plus intimes sont vécus dans l'accueil de l'Esprit Saint, et sous le patronage de Joseph et Zacharie pour les hommes, et de Marie et Élisabeth pour les femmes. Le but de ces entretiens doit être, par la prise de conscience de ses blocages et aussi des signes de Dieu dans sa vie, de parvenir à une meilleure connaissance de la volonté de Dieu sur son couple dans cette épreuve et d'y répondre dans la confiance qu'Il peut de tout mal faire surgir un plus grand bien.
Bien sûr, cela ne peut se faire dès la première fois, et l'acceptation de la volonté de Dieu se fera probablement en dehors de ces rencontres, mais l'entretien aura permis une relecture de sa vie à la lumière de Dieu, et aidera le couple à se situer sous son regard.
La rencontre se terminera, tout naturellement, dans la prière commune devant une icône, une croix, un tableau de la Visitation... Là, le couple accueilli peut confier au Seigneur ses angoisses, ses doutes, ses espérances, mais aussi le louer pour les merveilles qu'il a déjà accomplies pour eux. Et c'est l'instant privilégié où le couple accueillant peut prier particulièrement sur le couple accueilli en vertu de la grâce du sacrement de mariage. «La grâce propre du sacrement de mariage est destinée à perfectionner l'amour des conjoints, à fortifier leur unité indissoluble.» (Catéchisme de l'Église Catholique n° 1641).
L' après-rencontre
Le couple accueilli partagera les lumières que le Seigneur leur a données pendant la rencontre. A partir de là, il pourra prendre des décisions et déjà renouveler l'organisation de sa vie commune de prière pour activer la grâce de son sacrement de mariage, par exemple en participant ensemble à la messe et en offrant à Dieu leur fécondité. Comme le dit le Catéchisme de l'Église Catholique (§ 1624) «Dans l'épiclèse de ce sacrement (l'Eucharistie), les époux reçoivent l'Esprit Saint comme communion d'amour du Christ et de l'Église. C'est Lui le sceau de leur alliance; la source toujours offerte de leur amour, la force où se renouvellera leur fidélité». On pourrait ajouter : «et leur fécondité».
Il est bon aussi que le couple puisse trouver des amis avec enfants qui, par le témoignage de leur alliance avec Dieu, et de leur propre fécondités peuvent les aider à soutenir leur prière et leurs réflexions.
Au bout d'un certain temps, le couple demandera à revenir voir le couple accueillant. En effet, une seule rencontre ne peut suffire, car le Seigneur agit souvent en douceur. Le couple accueillant doit veiller à ce que cette deuxième rencontre ne tarde pas trop, afin que les questions et les grâces de la première soient encore présentes dans leur âme. Ainsi, de rencontre en rencontre, les blessures se cicatriseront, et lorsque la paix sera revenue dans le couple alors la solution deviendra évidente. Lorsqu'il aura traversé ses difficultés et rencontré la lumière, le couple accueilli deviendra tout naturellement accueillant à son tour, trouvant également dans cette attention au plus «pauvre» une extension de sa propre fécondité.
»Quel couple que celui de deux chrétiens, unis par une seule espérance, un seul désir, une seule discipline, le même service ! Tous deux enfants d'un même Père, serviteurs d'un même Maître ; rien ne les sépare, ni dans l'esprit ni dans la chair ; au contraire, ils sont vraiment deux en une seule chair. Là où la chair est une, un aussi est l'esprit». Tertullien