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IPC : la philo au service de la Nouvelle Evangélisation
Source : Christicity 
1. Michel Boyancé, vous êtes doyen de l'Institut de Philosophie Comparée (IPC). Pouvez-vous nous le présenter en quelques mots ? L'IPC est une Faculté. Créée en 1969, dans le but de donner une formation philosophique ouverte aux problèmes de notre temps, elle conduit à des métiers variés. Nous préparons nous-mêmes directement aux diplômes d'Etat (DEUG,Licence), passés à l'IPC, ainsi bien sûr qu'à nos diplômes propres, ce qui renforce les exigences universitaires. Notre rythme est plus celui d'une école que d'une faculté traditionnelle. Nos débouchés sont maintenant bien rodés : éducation, enseignement, communication, journalisme, marketing ou ressources humaines. Un grand nombre de troisièmes cycles complètent la formation d'une bonne part de nos diplômés et met nos étudiants largement à concurrence d'écoles spécialisées, comme les écoles de commerce... 2. Vous organisez cet été deux sessions d'un genre particulier. A quelle intuition, à quel appel répondent-elles ? Ces sessions, ouvertes à tous, répondent à notre désir depuis plus de trente ans : réhabiliter la démarche philosophique comme apprentissage de la connaissance du réel. Paul Valéry exprimait bien l'état actuel de la philosophie: «Penseurs sont gens qui pensent et qui repensent que tout ce qui fut pensé ne fut jamais assez pensé. Ils ont donc inventé toutes les questions insolubles. Les questions pour penseurs seuls». On peut dire que nous souhaitons faire l'inverse, redonner confiance en l'intelligence et la raison, et, pour les chrétiens, fortifier et soutenir leur Foi. Tout cela se réalise dans un climat d'amitié et de travail, car l'amitié vraie donne le sens des autres et de l'acquisition de la sagesse. 3. Comment faites-vous correspondre la nécessité de se former et la Nouvelle Evangélisation ? La Nouvelle Evangélisation manquerait-elle encore d'une dimension proprement intellectuelle et doctrinale ? La réponse à votre question est contenue dans l'encyclique de Jean-Paul II, Fides et Ratio, d'octobre 1998. 
Je retiendrais une phrase, au § 66, «Il est donc nécessaire que la raison du croyant ait une connaissance naturelle, vraie et cohérente des choses créées, du monde et de l'homme, qui sont aussi l'objet de la révélation divine; plus encore, la raison doit être en mesure d'articuler cette connaissance de manière conceptuelle et sous forme d'argumentation. Par conséquent, la théologie (...) présuppose et implique une philosophie de l'homme, du monde et plus radicalement de l'être, fondée sur la vérité objective.» Les chrétiens, sans doute influencé, à leur insu, par le scepticisme ambiant, ne font plus assez attention à l'apport de la philosophie, alors que le pape le rappelle avec force, d'une manière que je crois, comme tous ses actes majeurs, très prophétique. L'intelligence est fragile, elle peut perdre pied, si je puis dire, face à cette pluralité contradictoire d'opinions, venant de tous les domaines du savoir : science, technique, droit, politique, etc. Comment s'y retrouver ? Comment y voir clair ? Pour un chrétien le coeur et la raison sont indissociables. Il faut des témoins de la Foi, des témoins intelligents qui sachent trouver les mots, les raisons, qui développent, selon leur vocation, cette démarche humaine, humble, de la philosophie. Les relations entre la philosophie et la Foi sont analogues à celles de la nature et de la grâce : la grâce ne supprime pas la nature, elle l'élève. Des désordres dans la démarche rationnelle, naturelle, entraînent souvent des désordres dans la manière dont la Foi est vécue, notamment dans la manière de recevoir l'enseignement de l'Eglise. 4. A quelles conditions croyez-vous que l'avènement de la Civilisation de l'Amour, appelée de ses vœux par le Saint Père, soit possible ? La question que vous posez n'est pas philosophique, ni même théologique... et la réponse ne peut être que théologale. A quelles conditions un cœur 
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