L'Homme Nouveau est un titre qui compte dans le paysage médiatique catholique francophone. Depuis plusieurs mois, des choses ont changé au sein du prestigieux journal...Découverte impertinente, sur le mode marin, avec Philippe Maxence, son rédacteur en chef.
ChristiCity - Nouvelle équipe depuis un an, nouvelle maquette depuis un mois : l'Homme Nouveau avance au large. Avec quel cap ? Quelle route ?
Philippe Maxence - Le cap reste résolument le même. Nous sommes « aimantés » sur Rome qui ouvre pour nous les grands axes à explorer. Nous continuons donc à analyser les évènements religieux et politiques à la lumière de l'enseignement de l'Église et singulièrement de sa doctrine sociale. Nous sommes ainsi sur la route rappelée par Jean-Paul II dans Christifideles laici sur la mission des laïcs. Nous avons la chance de bénéficier d'un rythme bimensuel, ni trop éloigné de l'actualité comme le mensuel, ni trop pressée par elle comme pour les quotidiens et les hebdomadaires. Nous avons le temps de sérier les sujets, de donner la parole aux acteurs de la vie de l'Église (le cardinal Ratzinger, Didier Rance, Jean-Marie Le Méné, Paul de Viguerie, etc.), de proposer des dossiers de fond (ainsi celui que vient de réaliser pour nous le Père Blet sur Pie XII) ou de lancer des enquêtes sur des sujets délicats : la liturgie par exemple, à partir des récentes propositions du cardinal Ratzinger dans L'Esprit de la liturgie. Cap romain donc, sur la route d'un laïcat fidèle au Christ. Nous restons ainsi dans le sillon tracé par nos fondateurs, le père Fillère et l'abbé Richard : l'unité du monde passe par l'Église catholique. Ils ont créé l'Homme Nouveau en 1946 pour diffuser ce message. Prophétique non, à l'heure de la mondialisation ?
ChristiCity - La nouvelle formule a-t-elle pour but de correspondre d'avantage à l'Eglise d'aujourd'hui et à ses forces vives - la génération JMJ, les communautés nouvelles, le renouveau charismatique, le réveil paroissial ?
Philippe Maxence - L'Église d'aujourd'hui, comme celle d'hier et de demain, est avant tout l'Église, le corps mystique du Christ.
ChristiCity - Votre ligne éditoriale est toujours assez anti-américaine et anti-mondialisation. Ne pensez-vous pas qu'à l'heure des JMJ, vous serez obligés de la renouveler autant que la maquette ?
Philippe Maxence - J'avoue ne pas bien comprendre le sens du rapprochement entre une ligne éditoriale qualifiée d'« anti-américaine et anti-mondialisation » et les JMJ. Il s'agit d'un rapprochement entre deux réalité étrangères l'une à l'autre. Les JMJ répondent au devoir d'évangélisation, toujours actuel. C'est un reflet concret de la demande du Christ, transmis par l'Église au fil des siècles, d'aller évangéliser toutes les nations. Comme au moment de la Pentecôte, les JMJ permettent de toucher des jeunes venus de tous les