Une nouvelle revue théologique et spirituelle est en train de naître. Elle s'appelle Képhas. Loin d'être une « revue de plus », elle est à la croisée des mouvements qui travaillent à la Nouvelle Evangélisation, au réveil de l'Eglise catholique en France et en Occident. Entretien avec l'abbé Le Pivain, son directeur.
1 - A quel appel répond la création de cette nouvelle revue ? Pourquoi «Képhas» ?
Merci tout d'abord de poser la question sous cet angle... A quel appel ? Certes, il existe déjà beaucoup de revues ou publications diverses et variées, dans le monde catholique comme ailleurs. Dans la phase de préparation de ce projet, qui aura un an au moment de la parution du premier numéro, en janvier prochain, j'ai d'ailleurs rencontré un certain nombre de responsables de publications, qui m'ont aidé de leurs conseils et de leur soutien.
Mais plus exactement, il s'agit effectivement d'un appel, ressenti comme tel par un groupe d'amis. En quelques mots : malgré l'influence jalouse des magistères médiatiques, grandit une réelle et profonde soif de Vrai, de Beau, de Dieu simplement, en même temps que disparaissent certains clivages, spécialement dans les nouvelles générations de prêtres. L'Eglise et le monde sont à la croisée des chemins. L'intelligence catholique, avec tout ce que cela suppose de hardiesse et d'humilité, de vraie et saine liberté, de bienveillance et d'humour, doit réapprendre que « la victoire sur le monde, c'est notre foi. » (1 Jn 5, 4)
Rapidement s'est constitué un comité de rédaction, responsable de la revue, avec deux curés de paroisse, un dominicain en poste à l'Ecole biblique de Jérusalem, un autre prêtre de la Fraternité Saint-Pierre, un éditeur, un vigneron, un universitaire scientifique... et mon « vieux » professeur de philosophie (qui a d'autres cordes à son arc). On en compte beaucoup d'autres, occasionnels ou plus réguliers, basés en France ou en Suisse, à Rome ou à Jérusalem.
Kephas ? « Tu es Simon, le fils de Jean : tu t'appelleras Kephas, ce qui veut dire Pierre.
2 - Comment Képhas s'intègre-t-elle dans le mouvement de la Nouvelle Evangélisation voulue par le Saint Père ?
Cette intégration suit naturellement le principe énoncé plus haut. L'objectif premier est d'aider les chrétiens, prêtres, religieux ou laïcs désireux de progresser dans la ‘'sainteté de l'amour'' par la ‘'connaissance conceptuelle'' du message de l'Eglise (Cf. Ch. JOURNET, L'Eglise sainte, mais non sans pécheurs, Parole et Silence, Saint-Maur 1999, p. 119 ss), à recevoir sans complexe cette lumière dans le rayonnement continu de la Chaire de Pierre. C'est au-dessus de la tombe du pêcheur de Galilée que le pèlerin peut lire : ‘'D'ici une seule foi resplendit sur le monde; d'ici naît l'unité du sacerdoce'', Hinc una fides mundo refulget, hinc unitas sacerdotii exoritur. Cet attachement inclut une adhésion généreuse au service d'unité du ministère de Pierre. Il vit de cette ‘'spiritualité de communion' (Cf. Lettre Apostolique Novo Millennio ineunte, 6 janvier 2001, Chap. IV), ecclésiale, missionnaire et œcuménique, de l'Orient à l'Occident, dont le Saint-Père a voulu faire la pierre d'angle de son programme d'évangélisation à l'aube du nouveau millénaire. »
3 - Quelle en est l'originalité ?
Prenons deux éléments.
L'une des originalités de Kephas