1. Quand fut rédigé le Nouveau Testament ?
Le Nouveau Testament n’est pas une oeuvre homogène, due à un seul écrivain ou même à une équipe de collaborateurs travaillant de concert et à la fois. C’est un ensemble de 27 écrits, qui ont été conçus en différents lieux, durant une cinquantaine d’années, par plusieurs Apôtres ou quelques-uns de leurs disciples, en des circonstances très diverses. “ Les Evangélistes n’ont pas élaboré une tradition informe, mais recueilli les matériaux qui ont déjà reçu dans la tradition une forme suffisamment fixe. Seul le cadre dans lequel ils situent ces morceaux est leur oeuvre et ce cadre est une construction artificielle. “ (Mgr Weber.) Les écrits les plus anciens du Nouveau Testament sont sans doute les deux lettres que saint Paul a composées avec l’aide de Silvanus et de Timothée dans les années 51-52, et adressées de Corinthe à la communauté de Thessalonique (Salonique). Vers 55 Matthieu esquisse un Evangile araméen pour les judéo-chrétiens. Un peu plus tard, Marc écrit son Evangile, d’après la prédication de Pierre, pour les chrétiens de Rome. C’est entre 61 et 63 que fut composé, également à Rome, l’Evangile de saint Luc, qui en poursuivit le récit, quelque temps après, par les Actes des Apôtres. Le dernier des Evangiles n’a été écrit par le vieil Apôtre saint Jean que 35 ans plus tard environ, à Ephèse. La plupart des écrits du Nouveau Testament, y compris les Epîtres de saint Paul et des autres Apôtres, ont donc été composes entre les années 50 et 67 (année du martyre des Princes des Apôtres), 20 à 30 ans seulement après la mort de Notre-Seigneur. Seules, les oeuvres de saint Jean, un peu moins anciennes, ont été écrites entre 95 et 100.
Tous ces ouvrages, à part l’Evangile de saint Matthieu, le premier composé en araméen furent rédigés en grec. C’étaient des écrits de circonstance, destinés à certaines communautés ou à certaines personnes. D’autres communautés ne tardèrent pas à les copier pour en faire la lecture durant les offices religieux; et c’est ainsi que bientôt s’échangèrent les premiers recueils (cf II Pierre, III, 16).
2. Les auteurs sacrés pouvaient écrire la vérité
Parmi les Evangélistes Matthieu et Jean avaient fait partie du groupe des Douze et avaient été témoins oculaires de la vie du Maître. Marc aussi a certainement connu Jésus. Son évangile transcrit la prédication de saint Pierre, ainsi qu’en témoigne, vers 130, Papias d’Hiérapolis, disciple de l’Apôtre saint Jean : “ Marc, ayant été interprète de Pierre, écrivit exactement, mais non de façon ordonnée, tout ce qu’il se rappelait des paroles ou des actions du Seigneur “. Luc prit également soin de rapporter fidèlement la vérité (cf Luc, I, 14). Il s’informa des faits en Palestine de 58 à 60; il recueillit aussi les paroles de Marie. Jean écrit de son côté : “ Ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et ce que nos mains ont touche du Verbe de vie... ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons. Car la Vie s’est manifestée : nous l’avons vue et nous rendons témoignage... Nous vous annonçons ce que nous avons vu et entendu “ (I Jean, I, 13).
3. Les auteurs sacrés ont voulu écrire la vérité
Lorsque Pierre et Jean comparurent devant le tribunal au sujet de leur prédication, on leur promit la grâce, pourvu seulement qu’ils consentissent à se taire. Les deux Apôtres répondirent : “ Nous ne pouvons pas ne pas dire ce que nous avons vu et entendu “ (Act, IV, 20). La vérité seule importe, et c’est pourquoi ils avouent même des choses qui leur sont personnellement pénibles. Les apôtres nous sont dépeints avec leurs fautes et leurs faiblesses; ils se représentent comme incrédules, ambitieux, lents à comprendre, hésitants et infidèles à l’heure décisive. Pierre raconte comment il a renié son Maître, et Marc le répète (Marc, XIV, 66s). Paul reconnaît ouvertement : “ Je persécutais à outrance l’Eglise de Dieu et la ravageais “ (Gal, I, 13). Ces hommes ont véritablement voulu dire la vérité. Parlant du coup de lance dans le Coeur de Jésus sur la Croix, Jean affirme : “ Celui qui l’a vu en témoigne et son témoignage est vrai “ (Jean, XIX, 35). Les auteurs de ces déclarations n’en pouvaient attendre qu’hostilités et persécutions, la torture et la mort. Ils sont prêts à maintenir leurs affirmations jusqu’au sang, jusqu’au martyre. Et Paul écrit : “ Même si quelqu’un - fût-ce nous-même, fûtce un ange venu du ciel - vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! “ Ainsi s’exprimait l’Apôtre (Gal, I, 8), et c’est pour cela qu’il alla à la mort.
4. Les auteurs sacrés devaient écrire la vérité
Dès la première Pentecôte, 5000 personnes se firent baptiser. A la mort de saint Jean, vers 100, on comptait déjà 300000 chrétiens. Ils avaient accepté la Foi chrétienne, qui les mettait en butte aux persécutions les plus violentes et qui leur coûtait habituellement la liberté et la vie, non par attrait pour de pieuses légendes, mais par conviction pour une réalité dont ils étaient sûrs. “ Cela ne s’est pas passé dans un coin “, dit saint Paul à ses juges (Act, XXVI, 26).
Par le fait, les événements rapportés par les Evangiles ont toujours eu lieu en public, parfois devant toute une foule de témoins, dont beaucoup vivaient aux jours où les Evangiles furent écrits et où on en faisait la lecture dans les communautés. On ne pouvait leur en faire accroire. La réalité des faits, même des miracles, n’a jamais été contestée par les ennemis du Christ.
5. Les auteurs sacrés ont écrit la vérité
Les Evangiles rapportent bonnement et simplement tous les faits (et surtout les miracles). La fidélité de leurs récits apparaît jusque dans les petits détails ; les complications de la vie politique à cette époque en Israël, avant l’an 70, la vie économique et domestique, la situation financière et le système d’impôts (il y avait, par exemple, simultanément trois sortes de monnaie en circulation, juive, romaine et grecque; Matthieu, l’ancien collecteur d’impôts, les signale de façon précise). La Bible “ a donc raison “ jusque dans le détail des usages et de la langue. “ Ce n’est pas en suivant des fables habilement inventées que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ; c’est pour avoir contemplé sa majesté (II Pierre, I, 1) “. En fait, les Evangélistes n’écrivent pas pour faire oeuvre d’historiens, mais pour susciter la Foi par leur témoignage.