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La nature a eu un commencement
Lothaire Zenetti

Apologétique de Poche

Au point de vue géologique, physique et astronomique, il nous est possible de déterminer l’âge du monde.

1. Les atomes des éléments dits radioactifs se transforment lentement en atomes d’un autre élément. C’est ainsi qu’en 4.5 milliards d’années la moitié des atomes d’uranium initialement présents dans une certaine masse se désintègre; cette désintégration aboutit à un terme ultime, le plomb, et se fait avec émission de noyaux d’atomes d’hélium (particules a). A partir des proportions d’uranium et de plomb, contenus dans un minerai uranifère, on peut mesurer les temps géologiques.

2. Il y a deux formes naturelles d’uranium, de masses atomiques 235 et 238. L’uranium de masse atomique 235 se transforme plus rapidement que le second. Actuellement le minerai uranifère contient ces deux isotopes dans la proportion de 1 atome d’uranium 235 pour 139 atomes d’uranium 238. A l’époque de la formation des atomes d’uranium à partir de leurs constituants nucléaires, ou nucléons (protons et neutrons), ce rapport devait être de 1/1. Il a fallu aux atomes d’uranium environ six milliards d’années pour aboutir au rapport actuel.

3. Dans tous les processus énergétiques, une partie de l’énergie échangée se transforme en chaleur. D’après la loi dite d’entropie l’énergie calorifique ne peut être utilisée que s’il se produit un abaissement de température. Si le monde existait de toute éternité, entre-temps toute l’énergie devrait s’être transformée en chaleur et toute différence de température aurait dû s’être égalisée depuis longtemps. Ce n’est pas le cas; donc, le monde ne peut pas être éternel.

4. En 1928, l’astronome Hubble découvrit un certain déplacement vers le rouge des raies observées dans le spectre de la lumière émise par de très lointaines étoiles. Il y vit la manifestation de l’effet Doppler-Fiezau : à mesure qu’une source lumineuse s’éloigne de l’observateur, la fréquence apparente des ondes reçues par l’observateur est plus petite que la fréquence réelle des ondes émises par la source; de ce fait, il se produit un léger décalage des raies spectrales vers le rouge. Hubble découvrit que plus les nébuleuses stellaires sont éloignées de nous et plus le déplacement vers le rouge est accentué, plus rapidement elles s’éloignent de nous (60000 km à la seconde pour une nébuleuse depuis 720000 années-lumière). C’est-à-dire que la partie de l’univers qui nous est connue, et probablement tout l’univers, s’étend avec une rapidité inimaginable. Les innombrables galaxies et tous leurs milliards de soleils sont comparables aux éclats d’une grenade qui explose. A supposer une vitesse constante, il y a un peu moins de cinq milliards d’années tous les corps célestes auraient éclaté d’un point commun dans toutes les directions. Ainsi les amas stellaires entourant la Voie lactée, et qui contiennent chacun de quelques centaines à des centaines de mille étoiles, ont pu surgir il y a quelques milliards d’années seulement, car dix milliards d’années suffisent pour disperser ces amas d’étoiles dans leur mouvement. En résumé nous pouvons dire avec certitude que l’univers, illimité dans l’espace, est néanmoins fini quant à son expansion, sa masse et donc aussi son énergie, et que, dans sa forme actuelle, L’univers remonte à beaucoup moins de 8 milliards d’années. A ce commencement il a fallu l’activité d’une énergie première.