Il existe un principe de causalité absolu, suivant lequel tout ce qui vient à l’existence doit avoir une cause suffisante.
1. Toutes les choses du monde que nous pouvons observer et vérifier sont modifiables. Elles peuvent être ou ne pas être; elles peuvent être comme elles sont, mais elles peuvent être autrement aussi. Elles n’existent donc pas nécessairement, elles ne portent pas en soi leur nécessité. Il doit y avoir quelque chose d’autre qui explique leur présence et leur manière d’être. Rien ne se crée tout seul: la poule vient d’un oeuf et l’oeuf vient d’une poule, etc. Une chose procède toujours d’une autre. Au commencement il doit y avoir eu quelque chose qui ne provenait pas d’une autre plus ancienne. Tout n’a-t-il pas pu évoluer ? Si, naturellement, mais on ne fait que reculer la question. Ce qui ne s’est pas créé par ses propres moyens a toujours besoin d’une autre chose. Il faut à l’origine un être qui ne doit son existence à personne, mais qui existe nécessairement de par sa propre nature, inaltérable, éternel. C’est la seule conclusion possible du fait que partout, comme nous le constatons, il y a transformation, donc du contingent, c’est-à-dire du non nécessaire. Seul un être absolu est la cause finale nécessaire que réclame le principe de causalité.
2. La matière est soumise à la loi de l’inertie. Une boule ne peut se mettre en marche sans une chiquenaude initiale. Or, le mouvement existe partout dans la nature j la lumière, le son, la chaleur, l’électricité, le monde atomique et les étoiles, tout est en mouvement. Ce mouvement a dû provenir d’un premier moteur que personne n’a mis lui-même en mouvement. De même pour la vie: où surgit la vie doit se trouver une cause suffisante, donc il doit y avoir eu au commencement de la chaîne du vivant quelque chose qui possédait de lui-même la vie. La vie ne provient pas de ce qui est inerte. Or les couches géologiques les plus anciennes ne révèlent aucune trace de vie.