Tous les philosophes s’accordent à définir Dieu comme le Tout Autre , et donc comme l’Inconnaissable. Pascal disait : « S’il y a un Dieu, il est infiniment incompréhensible, et nous ne pouvons connaître ce qu’il est ». Assurément nous pouvons seulement connaître ce qu’Il est par rapport à nous, ou plus exactement ce que nous sommes par rapport à Lui. Nous ne pouvons rien connaître de son essence. Nous pouvons seulement affirmer qu’Il existe, car sans Lui le monde serait impensable. Mais il est vrai de maintenir que « l’Inconnaissable » est le seul nom divin. S. Albert le Grand disait Dieu : « innommable ».
Nous ne pourrons connaître Dieu que s’il veut bien se faire connaître à nous, lever le voile, se « révéler », nous parler. À l’opposé de Vigny maudissant « le silence éternel de la divinité », j’ai foi en un Dieu qui m’a parlé et continue de me parler. Telle est l’affirmation la plus audacieuse et la plus certaine du chrétien.
Comment Dieu parle-t-il ? Où pouvons-nous entendre cette Parole ? La Parole de Dieu est bien différente de toute parole humaine en ce qu’elle est efficace, en ce qu’elle réalise ce qu’elle dit. Malheureusement (ou heureusement !) nos paroles ne changent pas le cours des choses. Il en est tout autrement de la Parole de Dieu dont la Bible nous dit : « Dixit, et facta sunt. » Dieu va donc nous parler par des actes, par des faits, par des événements.
La création est la première parole de Dieu, une parole éternelle de Dieu. « Le monde est un signe par lequel Dieu nous fait signe. À travers l’univers, Dieu même se révèle et transparaît ». Mais surtout Dieu a parlé historiquement. Dieu est intervenu dans les événements de l’histoire humaine. Il a joué un rôle d’acteur, d’agent, dans l’histoire d’Israël, jusqu’au jour où la Parole même de Dieu a pris chair en Jésus de Nazareth, et où nous avons entendu de nos oreilles, vu de nos yeux, palpé de nos mains la Parole de vie.
Que le lecteur pressé saute la suite de ce chapitre et qu’il arrive directement au chapitre suivant où il rencontrera Dieu en Jésus-Christ. Mais, un jour ou l’autre, il lui faudra reprendre ce long itinéraire par lequel Dieu a voulu se faire connaître peu à peu aux hommes, avec tous les délais d’une sage pédagogie, afin de nous apprendre, les unes après les autres, les attitudes que nous devions avoir à son égard. Pendant dix-huit siècles nous allons assister – inséparablement – à cette initiative de Dieu et à cette recherche de l’homme. Que ce ne soit pas là une interprétation arbitraire et imaginaire de cette « histoire sainte » de dix-huit siècles, nous ne pouvons ici en donner qu’une preuve, mais elle seule suffit : « L’historien reçoit de la Bible une impression extraordinaire : ce contraste entre l’humilité des débuts d’Israël et la puissance des germes, il faudrait dire des explosifs dont il est porteur ; cette forme toute concrète et d’abord enveloppée des plus hautes croyances ; puis ce développement majestueux, cette marche assurée quoiqu’obscure vers quelque chose d’immense et d’imprévisible : nulle part il n’en retrouve même l’équivalent lointain ». Mais nous ne nous soucions pas de faire de l’apologétique. Nous voudrions seulement retracer les étapes d’une découverte, pour la refaire à notre tour.
Les grandes étapes de la révélation faite au peuple de Dieu. Nous ne savons presque rien de la lente montée de l’humanité au cours des centaines de milliers d’années qui ont suivi son apparition sur la terre. Quelle fut sa quête de Dieu et en quoi Dieu l’aida, nous ne le saurons sans doute jamais. Notre « histoire sainte » est toute récente. Elle commence avec Abraham, le père des croyants. Il y a là – probablement au XVIII e siècle avant J.-C. – un point de départ et un commencement absolu qui restera définitivement acquis (comme il y aura, tout au long de l’histoire d’Israël, une série de commencements absolus qui resteront définitivement acquis). À cette époque se manifeste une solennelle entrée de Dieu dans l’histoire (des historiens).
Avec Abraham, il y a ceci de tout à fait nouveau qu’un homme a conscience d’être en relation avec le Dieu unique, vivant et vrai, et d’être associé par lui à une tâche qui embrassera finalement toutes les nations de la terre. Peu importe la façon dont Abraham « expérimenta » Dieu. Rien ne nous oblige à prendre à la lettre toutes les images du texte sacré. Ce qui est certain – les événements des dix-huit siècles, qui suivirent, nous garantissent cette authenticité – ce dont nous ne pouvons douter, c’est qu’Abraham fit une expérience mystique authentique. Et ce sont déjà les valeurs religieuses essentielles, celles sur lesquelles nous vivons, qui sont impliquées dans cette expérience du « père des croyants ». Abraham a conscience d’une « Alliance » entre Dieu et lui. Cette notion d’alliance est, peut-on dire, la préoccupation essentielle de Dieu. Dieu veut faire alliance avec Abraham, avec son peuple, avec toutes les familles de la terre. La création est une entreprise de Dieu pour s’adjoindre des êtres dignes de son amour, et pour se les adjoindre dans une intimité dont l’alliance conjugale peut seule donner une image suggestive. Cette alliance manifeste d’ailleurs la générosité gratuite de Dieu dans un acte de sa liberté absolue. Elle est « grâce », en mettant dans ce mot la notion d’une gratuité totale, d’une initiative absolue de Dieu. L’homme cependant reste libre ; son consentement est attendu par Dieu ; sa confiance, sa « foi », est nécessaire. Dieu se tient à la porte de la tente d’Abraham et sollicite l’hospitalité de l’homme. Toute la générosité divine resterait impuissante devant le refus de sa créature, dont Dieu ne viole jamais la liberté. Abraham l’a compris et il se fie à Dieu ; il joue sa vie sur la « promesse » de Dieu. Il est prêt à obéir à Dieu, si paradoxaux que soient ses ordres : « Sors de ton pays… » ; si invraisemblables qu’ils soient : « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac… et tu l’offriras en holocauste. » . Il faut être prêt à tout sacrifier à Dieu, et Dieu nous rendra tout, transfiguré. De ce fils, plus sien que jamais, que Dieu lui rend, Abraham a fait la propriété de Dieu, et ce geste a transformé sa paternité, Avec sa descendance, Dieu va pouvoir faire son œuvre, non pas seulement la perpétuité d’une race, mais l’établissement de la vraie foi, la fondation du peuple de Dieu. Car il n’est pas de vocation individuelle, si haute soit-elle, qui se puisse concevoir indépendante de la communauté. Toute perception de Dieu est en même temps une « mission ». (On ne peut se défendre d’un sentiment de profanation en touchant à tels sujets en quelques lignes seulement. Que le lecteur nous pardonne, et sente qu’il y a, dans ces pages, de la Bible, d’inépuisables richesses que nos pauvres phrases peuvent à peine suggérer. Mais dans un si petit livre, comment nous attarder ?).
Cette alliance que Dieu a promise à Abraham pour toute sa descendance, il va la réaliser concrètement, et comme la matérialiser et l’organiser avec Moïse (XIII e siècle). Abraham déjà avait compris – nous traduisons avec notre vocabulaire moderne – que Dieu était absolument transcendant : « le Dieu-au-dessus, le Très-Haut qui créa ciel et terre » , et, en même temps, qu’Il intervient dans l’histoire. Combien plus clairement Moïse va-t-il avoir conscience, à la fois, de la transcendance de Dieu et de son intervention dans l’histoire. Dieu révèle son nom mystérieux : « Jahvé », c’est-à-dire « Il est » . Dieu dit :« Je suis qui je suis » dans le mystère transcendant et inconnaissable, mais aussi « Je suis celui qui suis , celui qui fait être ; celui qui dirige et anime tout ». Et, pratiquement, Dieu se manifeste comme « le Sauveur » qui, à main forte et bras étendu, tire son peuple de la captivité d’Égypte, le Dieu « pascal », qui « passe » avec sa toute-puissance, pour « faire passer » son peuple de la servitude à la terre des promesses, Dieu se manifeste comme le législateur de ce peuple. Et avec ce peuple, qui est désormais pour lui un peuple mis à part, un « peuple saint » , « son » peuple, un « peuple de rois et de prêtres » , solennellement Dieu va contracter l’Alliance, et il habitera sous la tente au milieu de son peuple.
Ici encore nous sommes illuminés par toutes les valeurs religieuses essentielles et définitives que cette étape de l’Exode manifeste ; le Dieu du Sinaï est le Dieu saint, le Tout-Autre, le Transcendant, mais il est aussi Dieu-avec-nous, Dieu habitant parmi nous, Dieu communiquant sa sainteté aux hommes.
Dieu est « le fidèle et le miséricordieux ». L’homme, hélas ! est trop souvent infidèle. L’histoire sainte du peuple de Dieu sera presque sans cesse l’histoire des infidélités de ce peuple, et des châtiments et des pardons de Dieu. Nous arrêterons nos regards sur quelques hommes qui, à travers les événements de cette histoire, ont mieux perçu quelque chose de Dieu. Ces hommes, nous les appelons des « prophètes », d’un nom qui veut dire (pro, phêmi) « parler pour, parler au nom de Dieu ». Déjà, en ce sens, Abraham et Moïse étaient des prophètes. Mais on réserve plus souvent ce nom aux regards inspirés d’Israël qui, du ix e au iv e siècle, ont été les génies religieux de ce peuple sans génie, des Jeanne d’Arc et des Dante que Dieu aurait directement inspirés.
Antérieur à ceux auxquels on attribue plus spécialement le nom de « grands prophètes », mais déjà l’un d’entre eux, il faut d’abord évoquer David, roi d’Israël au x e siècle. Avec lui Dieu précise considérablement, et « incarne », pour ainsi dire, sa Promesse et son Alliance ; David est le premier grand roi d’Israël. Avec lui Israël prend forme de « Royaume », les douze tribus étant rassemblées autour de la Cité sainte de Jérusalem. Désormais c’est sous cette figure du Royaume que l’on attendra le « Règne de Dieu » . Par là il faut entendre un nouvel ordre de choses à la fois extérieur et intérieur, individuel et cosmique, qui s’établira par une Présence plus vraie de Dieu au milieu des hommes. Dans le « royaume », Dieu s’affirmera dans sa Seigneurie, dans sa Sainteté et dans sa Miséricorde. Tout cela, bien sûr, le royaume de David ne fait que l’ébaucher et le figurer. Mais en David naît la conscience qu’un de ses descendants établira à jamais ce règne de justice, de sainteté et de miséricorde. Il y aura un vrai David que la première ligne de l’évangile de Matthieu présentera par ces mots : « Jésus, fils de David, fils d’Abraham » .
Ne pouvant retracer la suite de cette histoire sainte, contentons-nous de la jalonner par les lumières de quelques prophètes, mais sans oublier que Dieu nous parle surtout par des événements et que les oracles des prophètes ne sont intelligibles que dans le contexte des faits.
Le prophète Amos (VIII e siècle) n’était qu’un berger, un rude gars aux yeux bien ouverts et aux oreilles attentives, quand Dieu la saisi derrière son troupeau pour en faire son porte-parole. Avec fougue et tendresse, cet homme du peuple va stigmatiser les mœurs corrompues et l’oppression que riches et puissants imposent aux petits et aux pauvres. Voici l’une de ses apostrophes aux femmes de Samarie :
Écoutez, vaches (sic) de Bashan, qui habitez les monts de Samarie, qui pressurez les pauvres, écrasez les petites gens, et dites à vos maris : « Apporte à boire ! »
Le Seigneur Jahvé le jure sur sa sainteté ; voici des jours qui viendront pour vous, où l’on vous enlèvera le nez avec des crochets et le cul avec des harpons de pêche.
De Dieu, Israël attend que justice soit faite. Israël espère en la justice de Dieu qui le délivre de ses oppresseurs, et il craint pour lui-même cette justice du Dieu Saint. La crainte de Dieu , entendue à la fois comme crainte d’un juste châtiment et comme sentiment de notre néant en face de la Transcendance du Dieu de Majesté, n’est pas un sentiment religieux de « Primitif ». S’il est vrai qu’un degré supérieur nous fera reposer dans la conviction de l’amour divin, celui-ci supposera le passage antérieur par la crainte, et la permanence de cette crainte sans laquelle tout sentiment de la Transcendance de Dieu serait évacué.
Mais il convenait qu’un contemporain d’Amos, Osée mît l’accent sur l’amour ; disons même sur la tendresse de Dieu. Il semble qu’Osée ait été terriblement éprouvé dans sa vie affective : son épouse l’a trahi ; il lui a pardonné : une deuxième fois elle l’a abandonné et s’est prostituée ; il l’a rachetée et lui a rendu son titre d’épouse. Osée a compris que telle était l’inlassable miséricorde de Dieu à l’égard de son peuple :
Tu t’es prostitué Reviens, Israël, à Jahvé … Je te fiancerai à moi pour toujours dans la grâce et la tendresse.
Les grands prophètes ne font d’ailleurs que « dégager » les aspects du mystère de Dieu qui étaient impliqués dans les événements dès les origines d’Israël : dès Abraham, dès Moïse, Dieu était apparu comme celui qui promet et celui qui exige, comme celui qu’il faut craindre et celui en l’amour miséricordieux de qui on peut avoir toute confiance.
Dominant et soutenant à la fois ces images de Dieu, Isaïe (VIII e siècle aussi) mettra en lumière la sainteté de Dieu . Dans la vision que le prophète eut dans le Temple de Jérusalem et qu’il a rapportée dans une page qui est l’un des plus purs chefs-d’œuvre de la Bible, un poème de diamant, la sainteté divine se manifeste par une lumière insoutenable pour l’œil humain, le resplendissement de la « gloire » de Dieu. Mais cette sainteté du Roi de Majesté – rex tremendae majestatis – cette sainteté terrible et attirante à la fois, est aussi exigence de perfection morale, et finalement source de cette perfection. En employant le mot de « justice » au sens biblique de « qualité de ce qui est conforme à la volonté divine » (au sens où nous disons qu’une balance est « juste ») on pourrait dire que dans Isaïe on perçoit déjà que l’homme sera justifié par sa foi au Dieu juste et justifiant.
Le culte prend aussi, chez Isaïe, sa grande dimension d’adoration et de contemplation du Dieu personnel. Amos et Osée avaient pu s’insurger violemment contre des cérémonies cultuelles plus proches d’un ritualisme magique que d’une vraie prière. Dans le Temple d’Isaïe le culte est rendu à Dieu en esprit et en vérité.
Dans cette solennité grandiose une note, toutefois, manquait. Il fut donné à un homme extraordinaire de l’introduire définitivement dans la religion. Jérémie (un siècle après Isaïe) n’avait aucune des qualités de l’orateur ou de l’homme d’action : un Pascal auquel on aurait imposé d’être commissaire de police ! Et voici que Dieu lui impose la plus lourde des missions : annoncer la ruine du Temple, désolidariser les espoirs d’Israël de leurs attaches trop étroites avec la maison royale, briser la confiance des juifs dans l’espérance d’une récompense terrestre, et critiquer la Loi elle-même. Sa vie ne sera qu’un tissu d’échecs et de souffrances, et il se révoltera contre Dieu avec une hardiesse qui frôle l’impiété du blasphème : « Il fait paraître Jahvé à la barre de ce tribunal qu’est son cœur sillonné de plaies ».
Tu as usé de séduction, Jahvé, et j’ai été séduit ! Tu m’as violé et forcé ! Je suis toujours moqué, de tous je suis la fable.
Mais avec Jérémie, deux portes s’ouvrent. Dieu est le Dieu du cœur de l’homme , le Dieu qui connaît chacun par son nom, avec tout ce qu’il est, tout ce qu’il sent, tout ce qu’il souffre. Dieu s’intéresse à tout cela, reçoit, sollicite la confidence de tout cela. Et l’homme trouve la consolation la plus douce dans la plus amère douleur parce que, dans la souffrance, il a trouvé Dieu qui, de la mort, fait jaillir la Vie.
Avec Jérémie, avec Ézéchiel , avec le Second Isaïe (Isaïe 40-55 et 60-62) avec de nombreux psaumes de cette époque ou des siècles postérieurs, l’idée se fait jour que les petits et les humbles sont les préférés de Dieu ; que la satisfaction de soi-même est le pire obstacle à l’entrée de Dieu dans une âme ; que le sentiment de son indigence et de sa pauvreté est, au contraire, la vraie disposition pour accueillir Dieu. Peu à peu se prépare le sermon de Jésus sur la montagne, qui s’ouvrira par ces mots :
Bienheureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le royaume de Dieu est à eux.
Fallait-il toucher à ces attitudes religieuses, ou, plus exactement, à ces révélations de Dieu qui motivent ces attitudes, d’une main si hâtive ? Faire allusion à des centaines de pages de l’Ancien Testament en quelques lignes est presque sacrilège ! Mais notre but étant de montrer par quelle voie on peut rencontrer le Dieu vivant et croire en lui, il nous était impossible de ne pas mentionner ces grands témoins de Dieu que furent un Abraham, un Moïse, un Isaïe ou un Jérémie, et de ne pas esquisser ce qu’ils perçurent du Dieu vivant qui se dévoilait à eux. Bien sûr, la personnalité et le message de Jésus dépassent infiniment ces personnalités et ces révélations de l’ancienne alliance ; mais l’Évangile les suppose. Qui les ignore appauvrit terriblement l’Évangile en le réduisant à ce qu’il explicite, et en méconnaissant tout ce que – tacitement – il implique. Bien plus qui n’a pas franchi, avec nos pères dans la foi, toutes les étapes du peuple de Dieu, d’Abraham à Jésus-Christ, lira l’Évangile sans percevoir la profondeur de toutes les paroles et de tous les gestes du Christ. Quand il entendra Jésus parler de la « nouvelle alliance », il ne donnera pas à ce mot d’ alliance toute sa portée et n’aura pas conscience qu’il exprime l’essentiel du dessein de Dieu. Et comment, sans connaître l’Exode, pourrait-on sentir tout ce que Jésus veut dire par cette phrase énigmatique : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous », et « l’âme de pauvre », et la « justification par la foi », et « l’habitation », « de Dieu parmi nous », et sa « gloire », et « le peuple de Dieu » , etc., etc. ? Ce qui n’empêche pas que c’est en Jésus que toutes ces préparations trouvent leur achèvement ; toutes ces figures, leur réalité. Jésus seul est – pour de bon – l’ Emmanuel, Dieu-avec-nous .