Les méthodes en usage dans les différents domaines de la connaissance varient suivant la nature de leur objet. On arrive à la découverte des faits de l’histoire par l’étude des sources; à celle des secrets de la nature par l’observation et l’expérience; à la vérité philosophique par le raisonnement. Les oeuvres d’art se jugent selon les lois de l’esthétique. Dans le domaine de la réalité religieuse il y a l’expérience de la Foi, qui, en définitive, est celle de la grâce. A vouloir approcher de cette vérité par des voies purement scientifiques, on manque aussi sûrement le but que si l’on voulait apprécier une Madone gothique suivant sa taille, le poids et la qualité du bois. La croyance en Dieu n’est pourtant pas sans fondement. Notre intelligence naturelle ne peut, certes, percevoir directement que ce qui relève de son domaine, la nature - et Dieu est au-delà et au-dessus de toute la nature - mais on peut néanmoins conclure à l’existence de Dieu d’après ses vestiges, comme on a coutume de faire par ailleurs (des traces de pas, le désordre qui révèle un cambriolage, etc.). La Sainte Ecriture dit:" Oui, foncièrement vains sont tous les hommes qui ont ignoré Dieu et qui, par les biens visibles, n’ont pas été capables de connaître Celui-qui-est et n’ont pas reconnu l’artisan en considérant ses oeuvres (Sag, XIII, 1)."
Au commencement - ce sont les premiers mots de la Bible - Dieu créa le ciel et la terre. Au siècle dernier, Frédéric Engels (1820-1895) a fait de l’éternité de la matière en mouvement le dogme fondamental du matérialisme dialectique.