Le Conseil pontifical pour la Famille a publié le 21 novembre 2000 un long document très complet sur ces questions difficiles.
Pour défendre la famille, il n’y a plus guère aujourd’hui que l’Eglise catholique qui parvienne encore à faire entendre sa voix. Et encore, les grands médias n’ont quasiment pas fait écho au texte important que vient de publier le Conseil pontifical pour la Famille, présidé par le cardinal colombien Lopez-Trujillo. Rien d’étonnant à cela puisque, ainsi qu’on l’imagine, il va totalement à contre-courant de l’idéologie dominante. En effet, face aux dérives actuelles qui tendent à mettre sur le même plan le mariage et les « unions de fait » (hétéro ou homosexuelles) – on l’a bien vu en France avec l’adoption de Pacs –, Rome a jugé opportun de proposer une réflexion approfondie sur ce thème.
Le point central du document est le suivant : « Dans les sociétés ouvertes et démocratiques d’aujourd’hui, l’Etat et les pouvoirs publics ne doivent pas institutionnaliser les unions de fait, en leur accordant un statut similaire à celui du mariage et de la famille. Et moins encore les assimiler à la famille fondée sur le mariage. Ce serait là un usage arbitraire du pouvoir qui ne contribuerait pas au bien commun, puisque le mariage et la famille, de par leur nature originaire, sont antérieurs au pouvoir souverain de l’Etat et le précèdent de manière absolue et radicale. Il convient d’entamer une sérieuse réflexion, à l’intérieur des diverses communautés politiques, dans un esprit serein, libre de tout parti-pris et de toute démagogie, sur la contribution vitale et indispensable au bien commun qu’apporte la famille fondée sur le mariage, par rapport à celle des autres réalités qu’on trouve dans les cohabitations affectives. Il semble déraisonnable de soutenir que les fonctions vitales remplies par les communautés familiales – centrées sur l’institution matrimoniale stable et monogamique – peuvent être remplies de manière massive, stable et permanente par les unions de fait basées uniquement sur des relations affectives.
C’est bien l’un des points forts de ce document que d’insister sur le fait que la défense de la famille et du mariage stable n’est pas qu’une affaire « morale », mais bien un problème qui touche au bien commun de toute la cité. Contrairement au dogme individualiste, les unions de fait ne concernent pas que deux personnes : admettre de telles unions légalement a des répercussions sur le bien commun, les enfants et l’avenir de la société. C’est pourquoi, si le texte ne demande pas la répression de telles unions, il établit les justes distinctions : « Toujours dans l’ordre des principes, il faut garder à l’esprit la distinction entre intérêt public et intérêt privé. Dans le premier cas, la société et les pouvoirs publics ont le devoir de le protéger et le promouvoir. Dans le deuxième cas, l’Etat doit se limiter à garantir la liberté. L’intérêt public ressort du droit public. Au contraire, tout ce qui a trait aux intérêts privés doit être laissé au domaine privé. Le mariage et la famille revêtent un intérêt public, par le fait qu’ils représentent la cellule de base de la société et de l’Etat. Comme tels, ils doivent être reconnus et protégés. Deux ou plusieurs personnes peuvent décider de vivre ensemble, avec ou sans relation sexuelle, mais cette vie en commun ou cohabitation ne revêt pas un intérêt public. Les pouvoirs publics doivent éviter de s’immiscer dans un tel choix, qui a un caractère privé. Les unions de fait sont la conséquence de comportements privés, et doivent demeurer sur le plan privé. […] (n. 11).
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