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La planète des pauvres
Jean Flouriot

Source : La Nef n°122 - décembre 2001

Le sous-développement reste à l’échelle mondiale un problème dramatique. Quelle est la géographie du sous-développement, comment l’analyser, existe-t-il des remèdes et, enfin, quelle est la position de l’Eglise ? Telles sont les principales questions auxquelles s’attache ce dossier.

Le sous-développement est perçu comme un phénomène essentiellement économique et l'indicateur synthétique que l'on utilise le plus souvent pour l'apprécier est économique : PNB (1) par habitant, exprimé en dollars US pour une année donnée. En réalité, notre appréciation de la hiérarchie des pays est plus étendue et intègre des éléments non économiques. Par exemple, on désigne par G8 le groupe des 8 plus grandes puissances mondiales : Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Italie, Royaume Uni, Canada et, depuis peu, Russie. Si l'on se réfère au seul indicateur du PNB/habitant, seuls le Japon et les Etats-Unis appartiennent au groupe des 8 « premiers » où ils côtoient le Luxembourg, la Suisse, la Norvège, Singapour et l'Islande. Si l'on se réfère au PNB en valeur absolue, la Chine et le Brésil devraient faire partie du G8 auquel n'appartiendraient pas le Canada ni la Russie.

Il est bien évident que le seul indicateur économique, imparfait par lui-même et très discutable quand il mesure des économies où la part du marché, est limitée et est insuffisant pour effectuer un classement des pays développés et des pays sous-développés, appelés aussi « en voie de développement » (PVD). Il met cependant en valeur une caractéristique essentielle de notre monde : 90 % de la richesse est à la disposition de 20 % de la population. Nous vivons dans un monde où les personnes pauvres et très pauvres sont de loin les plus nombreuses.

Le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) a créé un indice plus complexe, l'Indicateur de Développement Humain (IDH), tenant compte, outre le PNB/habitant, de l'espérance de vie à la naissance et du pourcentage d'alphabétisation des adultes. 

Le niveau minimum est 0, le niveau maximum 1. On établit ainsi un classement simple en 3 grandes catégories : niveau élevé, au-dessus de 0,8; niveau moyen de 0,8 à 0,5; niveau faible au-dessous de 0,5.

Pauvreté et sous-développement
Sur les données de 1998, 46 pays (1 milliard h) sont de niveau élevé, 93 (4,3 milliards h) de niveau moyen et 35 (0,7 milliard h), dont 29 en Afrique au Sud du Sahara, de niveau faible. Ce classement est un peu plus optimiste que le précédent et laisse entrevoir une liaison moins forte entre pauvreté et développement : pauvreté ne signifie pas toujours sous-développement.

« Des pauvres, vous en aurez toujours », nous a déclarés le Seigneur Jésus, et il est vrai que la géographie des pauvres dépasse toutes les classifications que l'on essaye de faire. Les personnes pauvres sont présentes dans toutes les sociétés mais la pauvreté matérielle est très présente, sinon dominante, dans les pays dont l'Indicateur de Développement Humain est moyen ou faible.

La démographie apporte d'autres éléments de classification. Qu'y a-t-il de commun entre les 1200 millions d'habitants de la Chine et les 200 000 habitants de Bélize (ex Honduras britannique) ?

A cet égard, 2 pays en développement ont une place à part sur la planète : la Chine (1,2 milliard h) et l'Inde (1 milliard). Ces deux grands pays asiatiques ont une frontière commune sur les crêtes himalayennes. Proportionnellement, l'Inde est trois fois plus peuplée que la Chine : densité 305 h/km2 contre 130 pour la Chine. Ces deux pays restent majoritairement ruraux. Le taux d'urbanisation de la Chine est de 33 %, celui de l'Inde, 28 %. Mais dans l'un et l'autre on trouve des villes qui sont parmi les plus grandes du monde : Shanghaï (11 Mh), Pékin (10 Mh), Bombay (12 Mh), Calcutta (11 Mh).

La Chine a maîtrisé sa fécondité (taux de fécondité : 1,8) par des méthodes 

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