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Pourquoi la doctrine sociale ?
Cyril Brun
Historien, spécialiste de la Doctrine Sociale de l'Eglise

Source : Blog de Cyril Brun 12/05/2006

Il y a deux façons de se concevoir dans la vie : Acteur ou spectateur. Nous pouvons être l’un et l’autre ou bien l’un ou l’autre. Bien des gens ont tendance à n’être que spectateurs de la vie voire même de ce fait, de leur vie ! Il est normal d’être spectateur d’une partie de la vie, du monde et même de notre vie. Il y a bien des choses que nous ne maîtrisons pas ou qui sont trop éloignées de nous. Le simple fait de regarder autour de nous, fait de nous des spectateurs. Mais il y a plusieurs types de spectateurs. Le premier d’entre eux ne fait que subir ce qui l’entoure. Il n’a pas même conscience qu’il subit. Il est tellement pris dans le mouvement qu’il est acteur malgré lui de ce qui se passe. Il agit mécaniquement sans recul telle une marionnette. Il est tellement anesthésié par le milieu ambiant qu’il est incapable de la moindre réaction, du moindre discernement. Par-là, il se rend complice involontaire de tout ce qu’il subit et qu’il diffuse par ricochet. Le second spectateur est quant à lui conscient du monde qui l’entoure, mais ne mesure pas forcément les tenants et aboutissants de ce qu’il voit. Il est capable de prendre suffisamment de hauteur pour se voir lui-même dans la société, mais il ne s’élève pas au point de comprendre ce qui se passe ou ce qu’il fait. Ainsi, perdu dans l’imbroglio de ce qu’il voit de ce qu’il perçoit, de ce qu’il ne parvient pas à discerner, il se laisse conduire et porter par le courrant, soit par confiance, soit par paresse, soit par intérêt personnel. Il devient alors complice à son tour, mais complice volontaire par refus de sortir de son ignorance. Il est souvent plus facile de se cacher derrière le fallacieux prétexte « ce n’est pas à moi de gérer ça, il y des spécialistes, je n’y peux rien. » Dans l’absolu, personne ne peut rien si ce n’est celui qui veut s’en donner la peine et prendre les moyens d’agir. Notre troisième spectateur est issu de la même branche que le second. Il a conscience de ce qui l’entoure et ne veut pas s’en contenter. 

Il râle, critique, condamne, dispense de bonnes paroles assurant que lui s’il pouvait agir ‘vous verrez ce que vous verrez !’ Mais voilà nous ne voyons rien. Combien nombreux sont ceux qui sont pleinement conscients de ce qui les entoure et de la complicité passive qui est la leur, mais qui ne se donnent pas les moyens de bouger. Quelle responsabilité est la leur ! Non seulement ils savent que ce qui les entoure n’est pas bon, mais en plus ils y participent et poussent les autres dans cet engrenage ! Ils savent que ce n’est pas bon, ils le refusent, mais le font tout de même et entraînent à leur suite les autres à le faire. C’est sur la lâcheté de ceux-ci que les promoteurs du système actuel comptent ! Nous avons tous de bonnes raisons de ne pas agir. Je suis trop jeune, trop vieux, j’ai ma famille, mon travail, je ne peux pas prendre le risque de me compromettre, sinon ma carrière… Mais voilà, nous commençons tous par être jeunes et nous finissons tous par être vieux. Entre temps nous avons notre carrière et notre famille, bref nous sommes de braves gens honnêtes qui vivent leur vie le moins mal possible (je demande à voir) en se satisfaisant des conditions qui les entourent voire en en tirant profit (toujours honnêtement ?), mais que voulez-vous la vie est ainsi !
Dans ce cas, si vous vous satisfaites du système ne le critiquez pas ou alors soyez des critiques actifs et mouillez-vous ! Sinon demeurez complices, mais ne vous donnez pas bonne conscience en critiquant ce dont vous profitez et dont visiblement vous vous contentez très bien !
Malheureusement, l’immense majorité de nos contemporains sont ainsi. Ils ne cessent de se plaindre du monde qui les entoure mais la plupart ne bougent pas. D’autant que bouger c’est non seulement prendre des risques, mais aussi renoncer à ce qui est mauvais… mais qui nous convient bien. Il faut changer les choses, mais que les efforts ne me concernent pas. Soyons clairs, il y a là un 
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