Il y a deux façons de se concevoir dans la vie : Acteur ou spectateur. Nous pouvons être l’un et l’autre ou bien l’un ou l’autre. Bien des gens ont tendance à n’être que spectateurs de la vie voire même de ce fait, de leur vie ! Il est normal d’être spectateur d’une partie de la vie, du monde et même de notre vie. Il y a bien des choses que nous ne maîtrisons pas ou qui sont trop éloignées de nous. Le simple fait de regarder autour de nous, fait de nous des spectateurs. Mais il y a plusieurs types de spectateurs. Le premier d’entre eux ne fait que subir ce qui l’entoure. Il n’a pas même conscience qu’il subit. Il est tellement pris dans le mouvement qu’il est acteur malgré lui de ce qui se passe. Il agit mécaniquement sans recul telle une marionnette. Il est tellement anesthésié par le milieu ambiant qu’il est incapable de la moindre réaction, du moindre discernement. Par-là, il se rend complice involontaire de tout ce qu’il subit et qu’il diffuse par ricochet. Le second spectateur est quant à lui conscient du monde qui l’entoure, mais ne mesure pas forcément les tenants et aboutissants de ce qu’il voit. Il est capable de prendre suffisamment de hauteur pour se voir lui-même dans la société, mais il ne s’élève pas au point de comprendre ce qui se passe ou ce qu’il fait. Ainsi, perdu dans l’imbroglio de ce qu’il voit de ce qu’il perçoit, de ce qu’il ne parvient pas à discerner, il se laisse conduire et porter par le courrant, soit par confiance, soit par paresse, soit par intérêt personnel. Il devient alors complice à son tour, mais complice volontaire par refus de sortir de son ignorance. Il est souvent plus facile de se cacher derrière le fallacieux prétexte « ce n’est pas à moi de gérer ça, il y des spécialistes, je n’y peux rien. » Dans l’absolu, personne ne peut rien si ce n’est celui qui veut s’en donner la peine et prendre les moyens d’agir. Notre troisième spectateur est issu de la même branche que le second. Il a conscience de ce qui l’entoure et ne veut pas s’en contenter.