christicity.com Bibliothèque Ce qu'enseigne l'Eglise Les hérésies Aspects théologiques
Le manichéisme
Un moine du Barroux

Source : La Nef n°107 - juillet 2000

Le manichéisme est la forme la plus importante de la gnose. Mani (Manès) est né en 216 en Babylonie, mais il était d’Iran. Il estima à 24 ans avoir reçu une révélation qui le désignait « comme le dernier des Envoyés de Dieu, la véritable manifestation corporelle du Paraclet johannique (l’Esprit divin “né” en Mani) » (S. Hutin, Les Gnostiques). Il meurt à 61 ans en prison au cours d’une persécution contre sa secte, qu’il considère comme la seule religion véritable, destinée à conquérir le monde entier, grâce à ses livres et à son organisation soigneuse. De fait, ses croyances se répandirent partout, et même le futur saint Augustin d’Hippone y adhéra longtemps. Elles connurent une nouvelle vogue à partir du XIIe siècle en Bulgarie, et, de là, se communiquèrent à l’Europe occidentale. Elles consistent essentiellement à affirmer l’existence d’un dieu du mal, créateur de la matière, et d’un dieu du bien, créateur de l’esprit. Les questions qui poussent dans ce sens sont les mêmes que pour la gnose en général, notamment le problème du mal. En France, les néo-manichéens furent les Albigeois, ou cathares, dont l’organisation et les « sacrements » sont bien connus. Comme les anciens gnostiques, tout en rejetant la procréation, ils encourageaient la licence, mais aussi l’avortement, le refus du serment, la spoliation des biens de l’Eglise, le suicide par endura (sorte de grève de la faim), etc. On comprend que ces fantaisistes aient été réprimés par le bras séculier de l’Eglise, et même, par une Croisade. Ils étaient d’ailleurs fort peu soucieux de la liberté religieuse des catholiques. La manière fut sans doute trop forte, mais le principe se justifiait, vu le danger qu’ils représentaient pour l’ordre public juste.