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Qui est responsable de la mort du Christ?
Père Christophe Héry

Qui est responsable de la crucifixion de Jésus ? Complexe de culpabilité et montage médiatique se mêlent, sur fond d'Évangile, en cette question devenue redoutable. "On" voudrait faire croire aux chrétiens que leur vénération pour la croix instille en leurs veines depuis deux mille ans le poison de la "haine" du "Juif".À titre de référence, ouvrons le fameux Catéchisme du Concile de Trente, publié sous le pontificat du peu médiatique saint Pie V, en 1566, en réponse à Luther. A la question, d'emblée plurielle, " Causes de la mort de Jésus-Christ ", après une page sublime de méditation sur la Passion du Sauveur et l'amour de Dieu pour les hommes, ce catéchisme traditionnel répond :
" Il faut ensuite exposer les causes de la Passion, afin de rendre plus frappantes encore la grandeur et la force de l'amour de Dieu pour nous. Or, si l'on veut chercher le motif qui porta le Fils de Dieu à subir une si douloureuse Passion, on trouvera que ce furent, outre la faute héréditaire de nos premiers parents, les péchés et les crimes que les hommes ont commis depuis le commencement du monde jusqu'à ce jour, ceux qu'ils commettrons encore jusqu'à la consommation des siècles.(...) Les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu'il endura. ".

La fausse accusation de " déicide "
Nulle trace, nulle mise en cause ici des "Juifs". "Ils" sont absents de la problématique tridentine. Depuis saint Paul, la cause de la crucifixion de Jésus, du point de vue des terriens que nous sommes, ce sont les péchés de tous les hommes : tous coupables ; Grecs, Juifs ou païens : tous responsables. Du point de vue de Dieu, précise en second point le Catéchisme de Trente, " Jésus-Christ a été livré à la mort par son Père et par Lui-même ". L'amour divin est premier et plus fort que les haines humaines. Jésus endosse librement le péché du monde et prend sur lui, en expiation volontaire, l'ensemble des souffrances qui en résultent. 

" Ma vie, nul ne la prend, c'est moi qui la donne " : Il accepte librement le supplice et le rôle odieux de " bouc émissaire ", pardonnant à ses bourreaux et livrant sa vie pour ceux qu'il aime. Citons encore ce Catéchisme, pour pénétrer davantage cette poignante vérité qui touche à notre rédemption et notre destinée éternelle : " Nous devons donc regarder comme coupables de cette horrible faute [le déicide], ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à N.S. Jésus-Christ le supplice de la croix ".On note une seule mention des "Juifs" dans les quatre pages de cet article-clé du catéchisme de saint Pie V : elle vise à atténuer leur participation à ce mystère de la mort de Jésus, en comparaison des chrétiens qui savent, eux, que Jésus est Dieu : " Il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs, car eux, au témoignage de l'Apôtre [St Paul, rabbin converti] : "s'ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne l'auraient jamais crucifié [I Cor 2,8]", nous au contraire, nous faisons profession de le connaître. Et lorsque nous le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides… "Nos mains chrétiennes sont aussi déicides. Telle est la stricte théologie véhiculée par l'Église au Concile de Trente et transmise depuis vingt siècles au sujet de la mort du Christ : dégagée de toute accusation et de toute dialectique concernant le "peuple juif ". [...]Par comparaison, il est clair que ce sont les autorités grecques d'Athènes qui furent responsables de la mort de Socrate, exécuté par le poison de la sigüe. Il serait absurde d'imputer aujourd'hui au peuple grec la responsabilité de la mort de Socrate. De même pour le Christ : il est absurde d'imputer sa mort à tout le peuple juif, de l'an 30 jusqu'à la fin des temps. Au sens littéral et historique des 
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