Qui est responsable de la crucifixion de Jésus ? Complexe de culpabilité et montage médiatique se mêlent, sur fond d'Évangile, en cette question devenue redoutable. "On" voudrait faire croire aux chrétiens que leur vénération pour la croix instille en leurs veines depuis deux mille ans le poison de la "haine" du "Juif".À titre de référence, ouvrons le fameux Catéchisme du Concile de Trente, publié sous le pontificat du peu médiatique saint Pie V, en 1566, en réponse à Luther. A la question, d'emblée plurielle, " Causes de la mort de Jésus-Christ ", après une page sublime de méditation sur la Passion du Sauveur et l'amour de Dieu pour les hommes, ce catéchisme traditionnel répond :
" Il faut ensuite exposer les causes de la Passion, afin de rendre plus frappantes encore la grandeur et la force de l'amour de Dieu pour nous. Or, si l'on veut chercher le motif qui porta le Fils de Dieu à subir une si douloureuse Passion, on trouvera que ce furent, outre la faute héréditaire de nos premiers parents, les péchés et les crimes que les hommes ont commis depuis le commencement du monde jusqu'à ce jour, ceux qu'ils commettrons encore jusqu'à la consommation des siècles.(...) Les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu'il endura. ".
La fausse accusation de " déicide "
Nulle trace, nulle mise en cause ici des "Juifs". "Ils" sont absents de la problématique tridentine. Depuis saint Paul, la cause de la crucifixion de Jésus, du point de vue des terriens que nous sommes, ce sont les péchés de tous les hommes : tous coupables ; Grecs, Juifs ou païens : tous responsables. Du point de vue de Dieu, précise en second point le Catéchisme de Trente, " Jésus-Christ a été livré à la mort par son Père et par Lui-même ". L'amour divin est premier et plus fort que les haines humaines. Jésus endosse librement le péché du monde et prend sur lui, en expiation volontaire, l'ensemble des souffrances qui en résultent.