1. Sa vie et sa doctrine sont nettement situées dans l’histoire
Les forces de la nature chez les primitifs, les héros et les libérateurs des cultes de l’Asie Mineure, de l’Inde et du monde gréco-romain (d’Osiris et de Mithra jusqu’à Artémis entre autres) sont des mythes, des créations de l’imagination humaine.
Nous possédons fort peu de renseignements sur la vie des grands fondateurs de religions; quant à leur doctrine authentique, il est bien difficile de la dégager des légendes postérieures. La biographie de Zarathoustra fut écrite en 1278, donc plus de mille ans après sa mort. Temps et lieux s’y reconnaissent à peine. Autour d’un minuscule noyau historique contrôlable toute une folle éclosion de fables et de légendes. Les livres sacrés, Avesta, sont en grande partie perdus. Lao-tse, dont la vie et le caractère nous sont presque entièrement inconnus, a fondé la philosophie du taoïsme qui, a partir du cinquième siècle avant Jésus-Christ, aboutit au démonisme et à la magie, et qui, aujourd’hui, a dégénéré en un embrouillamini fantastique de légendes, où pullulent les divinités. Confucius recueillit, en bon érudit, les traditions de son peuple. L’idéal de l’âge d’or chante par lui appartient plutôt au rêve qu’à la réalité. Bouddha n’a laissé aucun renseignement écrit sur sa doctrine et sur sa vie. Par contre les légendes ont surgi à profusion autour de son nom. Ce n’est que quatre siècles après lui qu’on a composé un recueil de paroles et de sentences authentiques du maître dispersées dans un fatras inimaginable de mythes extraordinaires. De tous ceux-là Mahomet est celui dont la silhouette se profile le plus nettement à la lumière de l’histoire. Pourtant le Coran se tait aussi sur les événements extérieurs de la vie du prophète, et plus on accumule ensuite de traditions autour de lui, plus son image s’estompe dans la légende.
La vie de Jésus se déroule, au contraire, dans la pleine clarté de l’histoire vérifiable. Et tandis que les livres sacrés des autres religions apparaissent obscurs, surchargés et encombrés de légendes au point qu’on peut à peine en dégager l’idée primitive, le jeune christianisme a soigneusement et très exactement discriminé l’authentique et l’apport des légendes apocryphes.
2. Le Christ ne parle pas seulement de Dieu, il se déclare Dieu lui-même
Zarathoustra proclama un Dieu unique, Ahura Mazdâh, le “ Seigneur sage “; lui-même ne s’est jamais donné pour Dieu. Lao-tse et Confucius étaient des philosophes; ils ne savaient rien de Dieu ni des idoles. Au coeur de leur pensée profane se trouvait le souci de la purification de l’homme par l’adaptation à la loi universelle. Confucius tenta de fonder une sorte de morale d’état. Des siècles plus tard, les empereurs de la dynastie des Han entreprirent d’élaborer avec ses écrits une sorte de religion d’état impériale et décernèrent au savant, négateur de Dieu durant sa vie terrestre, des honneurs divins. Bouddha non plus ne se fit jamais passer pour dieu. Sa doctrine, Dieu en étant absent, n’est pas, à proprement parler, une religion, mais une doctrine de salut personnel, ayant pour but d’aider l’homme à trouver dans la négation du monde et de ses convoitises le bonheur du nirvâna, le bonheur de l’anéantissement. Mahomet affirma toujours qu’il