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L'Eglise catholique : réalité et fiction
Amy Welborn

Journaliste, historienne.


09/05/2006
Que dit le Da Vinci Code au sujet de l'Église catholique ?
Il tient deux positions opposées. D'une part, l'Église est constamment décriée pour avoir opprimé les femmes et dissimulé la vérité. Mais on trouve aussi, inopinément, quelques remarques positives sur ses ouvres de charité. Et à la fin, le "vrai" méchant de l'histoire se révèle être Teabing, le "Maître", et non pas l'Église. Mais l'effet d'ensemble est tout à fait négatif, impression qui se retrouve dans le film. Car, au final, lecteurs et spectateurs sont entraînés à conclure, en substance, que l'Église Catholique est ennemie de la vérité.

Comment cela ?
C'est à cause de tout ce que nous avons déjà mis en lumière jusqu'ici. Le Da Vinci Code soutient que le Jésus des Évangiles n'est pas le vrai Jésus mais que celui-ci se trouve dans les écrits gnostiques. Par conséquent, d'après la logique du roman, l'Église est coupable d'avoir étouffé la vérité.

Pourquoi ce point de vue est-il erroné ?
Parce qu'il sous-entend qu'il n'y avait pas de raison valable de mettre en exergue les Évangiles et les témoins apostoliques de la vie et du ministère de Jésus qu'on y trouve. Et que si cette tradition a été sélectionnée c'est parce qu'elle servait un objectif politique. Et, comme nous l'avons vu, ce n'est tout simplement pas plausible, et c'est illogique.

Pourquoi est-ce illogique ?
Parce que si l'objectif n'était que de sélectionner les histoires qui allaient donner la meilleure couverture politique, les premiers chrétiens ont fait un travail lamentable puisqu'ils ont choisi une histoire qui a provoqué leur excommunication de la communauté juive puis leur persécution par les Romains.

Si l'histoire de Marie-Madeleine, racontée dans le Da Vinci Code, avait été vraie, il n'y aurait eu aucune problème pour que les premiers chrétiens l'adoptent. Il y avait, effectivement, dans l'Empire Romain, de nombreux mouvements gravitant autour de maîtres de sagesse, et aucun n'était persécuté. 

De plus, des femmes étaient partie prenante de diverses traditions religieuses et spirituelles et il n'y avait là rien de scandaleux.

Mais, au contraire, depuis le début, le christianisme a toujours maintenu le même thème : avec Jésus, Dieu est entré dans le monde d'une manière nouvelle, radicale. Cet homme a été exécuté comme criminel mais il est ressuscité des morts. Il n'y a qu'un seul Dieu et personne d'autre, pas même l'empereur, ne peut être reconnu comme divin. Et à cause de leur attachement à cette "histoire", des Chrétiens furent persécutés, arrêtés et exécutés eux-mêmes. C'est plutôt curieux pour des gens qui étaient supposés rechercher le pouvoir politique.

Mais l'Église a rejeté les écrits gnostiques, vous êtes d'accord ? N'est-ce pas de la répression ?
Non. Elle ne faisait que rejeter des contre-vérités. Les premiers siècles de l'histoire du christianisme furent propices à l'éclosion d'intenses débats théologiques. Par exemple, dans le Nouveau Testament, on peut voir que les premiers Chrétiens croyaient que Jésus est le Seigneur et qu'ils l'adoraient. Mais la signification de ce titre, en termes théologiques et philosophiques précis n'était cependant pas claire et il n'y a là rien de surprenant. Qu'est-ce que cela veut dire que Jésus est le Seigneur ? S'il n'y a qu'un seul Dieu, comment faire comprendre clairement que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois personnes divines ?

De plus, le christianisme, issu du milieu juif, a dû se confronter avec le monde païen, ses philosophies et ses visions de l'univers. Il fallait donc un travail de réflexion pour rendre intelligible à ces nouveaux auditeurs la vérité sur Jésus, telle qu'elle avait été découverte par les apôtres. Enfin, avec une réalité aussi mystérieuse, il y avait matière à ce qu'apparaissent des interprétations diverses, comme cela s'est produit au cours de ces 

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