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Marie Madeleine
Amy Welborn

Journaliste, historienne.


09/05/2006
Que dit le Da Vinci Code de Marie-Madeleine ?
Beaucoup de choses, certaines sont contradictoires et la plupart relèvent de la plus haute fantaisie. D'après le Da Vinci Code, Marie-Madeleine serait une femme de sang royal, disciple et épouse – ou amante – de Jésus et qui aurait porté son enfant. Jésus voulait qu'elle prenne la tête de son mouvement. Ce serait elle le véritable Saint Graal. Elle serait l'incarnation de l'idéal du féminin sacré et, en fait, une sorte de déesse, elle-même. Son image et son influence auraient été avilies, diabolisées et escamotées, depuis deux mille ans, par l'Église Catholique qui l'a identifiée à une prostituée.

Impressionnant ! C'était vraiment quelqu'un. Tout cela est-il vrai ?
Une chose est vraie : Marie-Madeleine était bel et bien disciple de Jésus. Aucun doute là-dessus.

C'est tout ? Comment le savez-vous ?
Comme on le sait pour n'importe quel événement du passé. Les indices montrent que ce n'est pas fondé.

Le Da Vinci Code utilise des preuves qui démontrent tous ces points sur Marie-Madeleine.
Nous avons déjà évoqué la faiblesse des "preuves" utilisées dans ce livre. Il en est de même pour ce que les "preuves" disent sur Marie-Madeleine. Nous aborderons les points un par un mais voyons d'abord brièvement ce que nous savons vraiment d'elle :

• Elle est citée plusieurs fois dans les Évangiles

Elle apparaît d'abord dans Luc (8, 1-3), faisant partie d'un groupe de femmes qui accompagnaient Jésus et les apôtres, et "qui les assistaient de leurs biens".

Elle est décrite spécifiquement comme une femme d'où Jésus a chassé sept démons.

• On n'en parle plus jusqu'à la fin des Évangiles où on la montre alors au pied de la croix, avec d'autres femmes dont Marie, la mère de Jésus (Matthieu 27, 55-56; Marc 15, 40-41; Luc 23, 49 [l'une des femmes de Galilée]; Jean 19, 25).

• Dans chacun des Évangiles, Marie-Madeleine fait partie des témoins du tombeau vide et du Christ ressuscité (Matthieu 28, 1-10; Marc 16, 1-11; Luc 24, 1-11; Jean 20, 1-18). 

Et voilà. C'est tout ce qu'on peut trouver dans les Évangiles. Et il faut garder présent à l'esprit qu'ils ont tous été rédigés dans les quelques dizaines d'années suivant les événements rapportés.

Et qu'est-ce que cela nous apprend sur Marie-Madeleine ?
Cela nous apprend qu'elle a été une figure importante du christianisme. Elle a été si reconnaissante envers Jésus de ce qu'il avait fait pour elle qu'elle a tout quitté pour le suivre. Elle était fidèle et courageuse.

Mais le Da Vinci Code dit qu'elle était aussi l'épouse de Jésus. Teabing, le personnage du savant, dit même que cette idée est largement admise parmi les historiens.
C'est faux. Aucun des historiens sérieux, spécialisés dans les débuts du christianisme, ne croit que Jésus et Marie-Madeleine étaient mariés.

Si cela n'a pas été mentionné c'est peut-être parce que c'était scandaleux, ou que les autres chrétiens de l'époque ne voulaient pas le divulguer.
C'est une hypothèse assez courante mais elle pèche à plusieurs niveaux :

• Les Évangiles parlent très librement de la famille de Jésus, citant des noms et évoquant même sans complexe les relations parfois houleuses qu'il a eues avec eux. S'il avait eu une épouse, il n'y pas de raison pour qu'ils ne l'aient pas mentionnée aussi.

• Il n'y aurait rien eu de scandaleux à ce que Jésus soit marié. Bien sûr, on trouve dans la tradition judaïque des prophètes célibataires mais il était tout à fait normal de se marier. Encore une fois, les Juifs des premiers siècles n'auraient eu aucune raison de le cacher.

Alors d'où vient cette idée ?
De deux sources. D'abord, cela vient de ces livres pseudo historiques qui ont été mentionnés au premier chapitre. Ils suggèrent tous une sorte de relation entre Jésus et 

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