Haines, cachots, tortures, bûchers… autant d’images associées, presque automatiquement à l’Inquisition. Ces images ont depuis longtemps trouvé leurs manifestations littéraires et cinématographiques. A côté des images, un grand nombre d’attaques dirigées contre l’Eglise s’appuient sur le fantôme de l’Inquisition. Or, les catholiques, quand ils ne sont pas du côté de leurs propres accusateurs, ne savent généralement pas leur répondre. Nous voudrions ici indiquer quelques pistes, non pour affirmer que l’Inquisition fut chose excellente, mais pour ne pas la condamner sur de faux motifs.
Les accusations portées contre l’Inquisition (il vaudrait mieux dire : les Inquisitions) sont de trois ordres, selon qu’elle est considérée en elle-même, comme un instrument de l’Eglise, ou comme un modèle de pratiques totalitaires.
Bûchers, tortures et cachots ?
Rien n’était plus spectaculaire, sans aucun doute, que les autodafés des Inquisitions espagnole ou portugaise, ou que leur modèle médiéval, le Sermo generalis. C’est au cours de ces cérémonies, après une prédication ponctuée d’actes de foi de l’assistance, qu’étaient prononcées les peines envers les condamnés. Elles se concluaient par la remise au bras séculier, c’est-à-dire au bûcher, des plus obstinés dans l’erreur.
Les bûchers furent nombreux. Du XIIème à la fin du XVIIIème siècle, il ne se passa pas d’année sans brûlement. On est loin cependant de ce qu’a fait croire une propagande, née principalement dans les Pays-Bas protestants révoltés contre l’Espagne, et qui fut reprise sans esprit critique jusqu’à ce siècle. On a parlé, pour le seul Torquemada, de 100 000 victimes, puis de 45 000. Des études sérieuses ont ramené ce chiffre à 400 environ, pour les dix premières années de l’Inquisition espagnole, qui furent les plus meurtrières. Le total des victimes de l’Inquisition est, semble-t-il (il n’y a pas encore de bilan global sûr), inférieur – en six siècles – à celui de la Terreur de 1793-94.
On insiste souvent