A plusieurs reprises, le concile Vatican II a rappelé son « caractère surtout pastoral », selon les indications données par le bienheureux Jean XXIII, lors de son discours d’ouverture du 11 octobre 1962. La commission doctrinale le 6 mars 1964, puis le secrétaire du concile, Mgr Felici, le 16 novembre 1964, Paul VI enfin, à l’audience du 12 janvier 1966, qui s’exprimait ainsi : « Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du Magistère ecclésiastique. La réponse, nous la connaissons… : étant donné le caractère pastoral du concile, il a évité de prononcer d’une manière extraordinaire des dogmes comportant la note d’infaillibilité, mais il a muni ses enseignements de l’autorité du Magistère ordinaire suprême. »Il s’en est suivi dans l’après-concile, une grande liberté quant à la réception des textes du concile, au nom de leur caractère pastoral non contraignant, tant du côté de ceux qui lui reprochaient d’être hétérogène avec la Tradition ou le Magistère antérieur, que de ceux qui considéraient ce concile comme une première étape d’un processus évolutif quasi indéfini. Depuis cette période, la réception du Magistère non extraordinaire pose un problème de part et d’autre : Humanae Vitae, Ordinatio Sacerdotalis, Dominus Jesus pour les uns, mais aussi Dignitatis Humanae, Nostra Aetate comme beaucoup d’encycliques du Pontife actuel, au relent estimé personnaliste pour les autres. C’est un débat majeur dans l’Église d’aujourd’hui.Cette attitude manifeste tout d’abord une lecture univoque des discours du Pontife exprimant l’intention du concile. Dans son discours d’ouverture, Jean XXIII n’a pas opposé doctrinal à pastoral, la tache première du pasteur étant d’enseigner : « Ce qui est très important pour le concile œcuménique, c’est que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit conservé et présenté d’une façon plus efficace ».