Le Nouveau Testament n’est pas destiné à satisfaire notre curiosité humaine. Il nous donne des origines chrétiennes une image incomplète mais normative, garantie par l’inspiration divine. Un récit autorisé de l’expansion du christianisme nous est fourni par les Actes des Apôtres. Un nombre restreint de lettres apostoliques transmet de manière autorisée l’enseignement des témoins de Jésus que devront retenir toutes les générations pour parvenir au salut.
Même si ces documents sont lacunaires, ils nous informent de manière sincère et véridique. Tous les écrivains anciens sans exception identifient l’auteur du troisième Evangile et des Actes avec Luc, collaborateur de Paul (Col 4, 14; 2 Tm 4, 11). Au début de son premier livre, Luc précise qu’il s’est informé de tout avec exactitude (Lc 1, 3), et il se présente lui-même comme un compagnon de voyage de Paul (Ac 16, 10; 20, 5), témoin oculaire pour une partie notable de sa narration. Pour le reste, il s’est appuyé sur des sources écrites ou orales. Celles-ci n’indiquaient pas toujours la date exacte des événements racontés, et Luc ne les a pas nécessairement recopiées dans leur véritable ordre chronologique. D’autre part, il est vraisemblable que Luc a volontairement passé sous silence certains épisodes peu glorieux, comme par exemple la dispute entre Pierre et Paul à Antioche (Ga 2, 11-14).
Histoire inspirée par Dieu
Celles-ci, sauf l’épître aux Hébreux et les lettres attribuées par la tradition à Jean, indiquent elles-mêmes le nom de leur auteur, qu’il s’agisse de Paul, de Pierre, de Jacques ou de Jude. La datation de ces lettres n’est pas toujours aisée, mais l’historien moderne doit s’efforcer de la préciser, s’il veut rendre compte de l’évolution des idées théologiques au sein du christianisme primitif. La comparaison avec le récit des Actes permet de dater les épîtres aux Thessaloniciens de l’an 51 et l’épître aux Romains de l’hiver 57-58. L’examen interne de l’épître aux Hébreux montre qu’elle est écrite à une époque où les sacrifices sanglants sont toujours offerts à Jérusalem (Hb 10, 1-3), donc avant la ruine de Jérusalem en 70. La ville de Colosses ayant été détruite en l’an 60 par un tremblement de terre, l’épître aux Colossiens ne peut avoir été écrite après cette date. Une comparaison attentive de la lettre de Jacques avec l’épître aux Romains amène à reconnaître que Paul a rédigé son texte après avoir pris connaissance de celui du chef de la communauté de Jérusalem. D’autres observations littéraires du même ordre permettent de situer les autres lettres à des dates assez précises, du vivant de leurs auteurs, Jude écrivant pour sa part après la mort de Pierre et de Paul, mais vraisemblablement avant 70. Quant aux lettres johanniques, l’examen des hérésies combattues conduit à les situer vers la fin du premier siècle, avant la mort de Jean, qui a vécu jusqu’au début du règne de Trajan (98-117), selon le témoignage très crédible d’Irénée de Lyon.
Sur la base du récit des Actes, en tenant compte de sa chronologie quelquefois imprécise, et des lettres apostoliques situées correctement dans le temps, il est possible de se faire une idée exacte,