Selon le Duc de Lévis Mirepoix, « saint Louis représente la plus complète et la plus parfaite réalisation de ce que le Moyen Age a voulu faire de l’homme ».Certes, il existe des rois et des ministres qui semblaient précéder leur époque, tandis que d’autres survivaient à la leur. A la vérité saint Louis est à la fois de ceux-ci et de ceux-là : il domine son siècle et il illumine le nôtre.A l’heure actuelle bon nombre de nos concitoyens prétendent vouloir « vivre avec leur temps », estimant que, pour ne pas avoir à rougir dans ce monde où nous évoluons, il n’est de meilleure solution que l’oubli pur et simple d’un passé qui fit notre grandeur. Or, si les princes qui nous gouvernent se livraient à une réflexion honnête, sérieuse, commandée par un avenir des plus angoissant, ils seraient à même de constater – à la lumière de l’Histoire – que le monde de saint Louis et notre « société de consommation » – tous deux en pleine mutation – offrent à plus de sept siècles de distance bien des points de ressemblance.Tout au long de son règne, Louis IX recherche avant tout de recourir à Dieu en permanence, à vivre de Dieu et de faire vivre en Dieu et par Dieu le peuple de France, dans le seul but de proclamer au monde le message évangélique.D’assez bonne heure en effet, il lui apparaît souhaitable que l’Angleterre entre dans l’orbite d’une communauté européenne, de façon que son roi, Plantagenet Gongevin, ne soit plus considéré comme un ennemi irréductible et revanchard. A bonne preuve, « l’entrave d’Amiens » : Henri III Plantagenet, en querelle avec ses barons, convient avec eux de prendre le roi de France pour arbitre et de plaider devant lui. Dans la cathédrale d’Amiens, aux termes d’une sentence solennelle, saint Louis sauvegarde envers et contre tout la dignité royale, tout en maintenant les libertés consenties dans les anciennes chartes par la coutume anglaise.« Il ne veut et ne voit de solution pacifique que dans l’abandon de ses prétentions territoriales ».