1. Pas de politique en chaire !
Cette parole si souvent entendue traduit un juste sentiment. Du prêtre en chaire on n'attend pas son opinion privée sur les choses de la vie quotidienne (politiques, sociales, culturelles) mais simplement la Parole éternelle de Dieu.
Il ne faut pas oublier non plus que cette Parole de Dieu ne veut pas et ne doit pas demeurer dans le cadre de la piété dominicale et privée, mais qu'elle vise à la vie concrète de l'homme. "Cette parole mettez la en pratique, ne vous contentez pas de l'écouter." (Jacq, I 22) Le chrétien doit, comme image du Christ, vivre sa vie terrestre comme le Maître. Cette imitation ne consiste naturellement pas à copier les traits de la vie de Jésus autrefois, mais à essayer d'en traduire actuellement l'esprit dans notre existence personnelle. C'est pourquoi le chrétien a toujours des obligations envers son Seigneur, même dans le domaine des choses terrestres. Celui qui n'est pas chrétien au bureau ou à l'usine, à la cuisine ou au cinéma, ne l'est pas non plus à l'église. C'est pourquoi le prêtre doit exprimer la Parole éternellement valable du Christ, de façon à inciter ses auditeurs croyants à réaliser la volonté de Dieu dans les circonstances concrètes de l'existence, dans leurs affaires, sur leur chantier, dans leur vie familiale, au volant de leur auto, devant l'écran de la télévision, toujours, même en politique !
2. Religion et politique
Un catholique qui fait de la politique - à proprement parler quiconque a conscience de ses responsabilités en fait, y compris, par leur abstention même, ceux qui s'en désintéressent - ne peut pas se contenter d'aimer son prochain en général et, pour important que ce soit, de vivre en honnête homme. Il doit contribuer, pour sa part, à l'établissement du Royaume de la vérité divine, de la justice et de la charité. Il est donc lié à l'égard de la vérité - de la vérité de la Révélation dans l'Eglise - de la justice et de la charité du Royaume de Dieu.
3. L'Eglise et l'Etat
L'Eglise ne se dresse pas comme une autorité rivale en face de l'Etat, mais à côté, comme une associée. De même qu'il appartient à l'Etat de promouvoir le bien terrestre de ses sujets, L'Eglise veille au bien surnaturel des humains. C'est pour cela qu'elle a été instituée par Dieu. Aussi a-t-elle pour devoir d'annoncer les volontés divines et le salut non seulement aux individus, mais également aux collectivités et à l'Etat. Certaines choses sont du ressort de l'Etat, d'autres de celui de l'Eglise. "Dieu a réparti entre le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir civil le soin de procurer le bien du genre humain. Il a préposé le premier aux choses divines et le second aux choses humaines. Chacun d'eux, dans son ordre, est souverain. Chacun d'eux est renfermé dans des limites parfaitement déterminées et tracées en exacte conformité avec sa nature et son principe. Chacun d'eux est