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Je ferai de toi un pêcheur d'hommes
Quelques priorités pour une pastorale des vocations
Msgr Dario Castrillon Hoyos

Source : Kephas juillet - septembre 2002

Le nombre des prêtres croît dans le monde grâce à la vitalité de plusieurs pays d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine où les séminaires sont combles. L'espérance est d'autant plus grande que ce nombre augmente globalement, malgré les difficultés sérieuses que connaissent quelques anciennes Églises du monde occidental.

    Il faut cependant s'interroger sur la régression des vocations sacerdotales en quelques pays de l'Occident. D'où vient ce grave problème et comment l'affronter  ? Si une analyse précise et complète reste difficile à entreprendre, quelques aspects peuvent être considérés.

    Affronter les difficultés avec courage
    Pour ce qui concerne la France, on remarque qu'environ 75% de la population vivait dans les campagnes entre les deux guerres, et bénéficiait d'écoles paroissiales qui mettaient la jeunesse, alors nombreuse, sous l'influence quotidienne du curé et de ses vicaires — car il n'était pas rare qu'un village comptât deux ou trois prêtres. Au début du vingtième siècle, on construisait, dans tel ou tel diocèse rural, un grand séminaire capable d'accueillir jusqu'à deux cents séminaristes, voire plus.

    Après la deuxième guerre mondiale, plusieurs facteurs ont été la cause d'un changement radical de cette situation. En regroupant la jeunesse dans les gros bourgs, les écoles cantonales fraîchement créées la soustrayaient à l'atmosphère chrétienne des paroisses natales, lieu privilégié des vocations. De plus, un exode rural massif a rassemblé environ 75% de la population française dans les villes où elle a été confrontée à l'anonymat et à la perte des références chrétiennes. Cette population, anciennement rurale et profondément chrétienne, s'est peu à peu éloignée de l'Église. Le matérialisme ambiant, le changement global de la condition sociale, les difficultés rencontrées à l'intérieur de l'Église se sont ajoutés aux diverses causes qui ont vidé beaucoup de séminaires. 

    Les chrétiens, l'Église tout entière, ressentent douloureusement cette situation du fait du manque croissant des prêtres dans les paroisses. Faut-il se résigner ? Pour ne parler que des pays francophones, la vitalité de l'Église en France, en Belgique, au Canada durant les siècles passés, la fécondité des saints qui l'ont marquée de leur foi, de leurs œuvres, de leurs charismes, de leur martyre bien souvent, sont des raisons suffisantes pour croire et espérer que l'Esprit Saint, Maître de l'Église, n'a pas abandonné ces Églises et qu'il sait au contraire susciter les initiatives et l'énergie nécessaires pour répondre à l'attente spirituelle de notre monde en ce début du troisième millénaire.

    « O Seigneur, envoie ton Esprit... »
    Comment collaborer à l'œuvre de l'Esprit ? La première grande exigence est évidemment la prière, selon le commandement du Seigneur : « La moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson » (Lc 10, 2). L'ordre est clair et nous devons l'exécuter avec ardeur. Puisque Jésus nous invite de façon si pressante à prier son Père, le maître de la moisson, nous pouvons nous appuyer sur l'assurance qu'il a donnée au cours de son dernier repas avec les apôtres : « Vous demanderez en mon nom et je ne vous dis pas que j'interviendrai pour vous auprès du Père, car le Père lui-même vous aime » (Jn 14, 26–27).

    L'expérience de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus doit nous encourager, elle qui nous relate comment sa prière pour une vocation avait été exaucée; elle s'est exclamée : « Qu'elle est donc grande la puissance de la prière ! On dirait une reine ayant à chaque instant libre accès auprès du roi et pouvant obtenir tout ce qu'elle demande » (Ms C, 25 ro). Les communautés contemplatives ont ici une mission explicite; non 

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