christicity.com Bibliothèque L'Eglise catholique Son rayonnement Arts sacrés Chant et musique
Le répertoire grégorien
Yves Gire

Source : La Nef n°54 - octobre 1995

Le répertoire grégorien
Quand on parle du répertoire grégorien, on pense d’abord aux chants de la messe : chants du propre, Introït, Graduel, Alleluia, Offertoire, Communion, et chants de l’ordinaire, Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei... Mais ce répertoire comprend aussi tous les chants de l’office divin, l’office de nuit ou matines et l’office de jour composé de deux grandes heures, laudes et vêpres, et de cinq petites heures : prime, tierce, sexte, none et complies; cet office est chanté principalement dans les couvents, monastères, séminaires et chapitres de chanoines, mais les laïcs sont invités à s’y associer dans toute la mesure du possible, au moins aux vêpres et complies du dimanche. Enfin le répertoire grégorien comprend un certain nombre de chants très variés, litanies par exemple, utilisés pour certaines circonstances ou cérémonies telles que processions ou saluts du Saint Sacrement.  

Du point de vue de la forme, on peut classer les chants du répertoire grégorien en trois catégories :

– chants syllabiques, ne comportant généralement qu’une note par syllabe; psalmodie, récitatifs, hymnes, séquences, petites antiennes...  

– chants ornés, comportant sur la plupart des syllabes des neumes ou groupes de notes liées et chantées d’une seule émission de voix.  – chants mélismatiques, comportant de grandes vocalises sur certaines syllabes.   Nous allons passer en revue ces différents genres de chants en commençant par l’office divin, car il contient des prototypes que nous retrouvons par ailleurs.   Psaumes et antiennes  L’élément principal de cet office est le chant des psaumes. Les 150 psaumes qui constituent un des livres de la Bible, sont des cantiques sacrés de longueur très variable : le psaume 118, le plus long, a 176 versets et le psaume 116, le plus court, n’en a que 2. Les versets, qui ne sont pas des vers, sont eux-mêmes de longueur variable. 
Pour le chant, chaque verset est divisé en deux parties, avec une pause médiane, le texte étant chanté recto tono sur une « teneur », avec une cadence mélodique à la fin de chaque partie. A l’office la psalmodie est « antiphonée », les versets étant chantés alternativement par deux chœurs qui se répondent.   Chaque psaume (ou section de psaume lorsqu’il est très long) est accompagné d’une antienne, petite pièce mélodique qui est chantée au début et à la fin du psaume, et dont le texte en est souvent tiré; elle a un double rôle : spirituel, précisant le thème principal de la prière, et musical, le mode de l’antienne (le répertoire grégorien est classé en huit modes) déterminant le ton (formule mélodique) du psaume.  On psalmodie de la même façon un certain nombre de cantiques de la Sainte Ecriture, notamment les trois cantiques évangéliques : Magnificat, cantique de la Sainte Vierge, que l’on chante aux vêpres, Benedictus, cantique de Zacharie, aux laudes et Nunc dimittis, cantique de Siméon, aux complies.   Hymnes et répons  A côté des psaumes, toutes les heures de l’office comportent une hymne (le mot hymne, rappelons-le, est féminin au sens religieux et masculin au sens profane), poème composé de strophes, elles-mêmes formées de vers ayant un nombre fixe de syllabe ou pieds, avec une mélodie se répétant de strophe en strophe. Les textes des hymnes ne sont pas tirés de la Sainte Ecriture, mais sont des compositions ecclésiastiques d’époques très diverses.   On trouve aussi, dans l’office, des répons qui sont de deux sortes. Les répons « prolixes », que l’on chante aux matines, sont des chants de méditation très ornés et très expressifs, dont les textes peuvent être des passages de la Bible ou des compositions libres, et dont la dernière phrase est répétée après des versets psalmodiés sur des formules ornées; il y a généralement 
   Page 1 2 3 Page suivante