christicity.com Bibliothèque Vivre en chrétien Aimer en vérité L'amour
La charité fraternelle
M. l'abbé Francis Paul Cappiello

Les merveilles de son amour miséricordieux

Nous devons nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés. L'amour de Dieu est le plus grand et le premier commandement. « Le second lui est sem­blable, dit Jésus : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt. 22,34 40). L'amour de Dieu est inséparable de l'amour du prochain. « Tout ce que vous désirez que les autres fassent pour vous, dit Jésus, faites-le vous-mêmes pour eux» (Mt. 7,12). Le "soir du Jeudi saint, Jésus déclara à ses apôtres : « Je vous donne un com­mandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Oui, comme Je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à cet amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn. 13.34-35).

« Dieu est Amour, dit saint Jean : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui...

Si quelqu'un dit : j'aime Dieu' et qu'il déteste son frère, c'est un menteur : celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne saurait aimer le Dieu qu'il ne voit pas. Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de Lui : que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère » (I Jn. 4.16-21). « Celui qui aime son prochain accomplit la loi, dit saint Paul... La charité est la plénitude de la loi » (Rom. 13.8 10).

Dieu est charité. Parce que nous sommes de Dieu, nous devons être charité comme Dieu est charité. La

chante, c'est l'élément du chrétien, c'est son sacerdoce. « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, dit saint Paul, si je n'ai pas la charité, je suis un bron/c sonore ou une cymbale retentissante. Quand j'aurais le don de prophétie, quand je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai pas la charité. \c ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens pour nourrir les pauvres, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, je n'y gagne rien. La charité est patiente : la charité est serviable ; la charité n'est pas jalouse : elle ne se vante pas. ne s'enfle pas : elle n'est pas malhonnête ; elle ne cherche pas son intérêt : elle ne s'irrite pas : elle ne tient pas compte du mal : elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité : elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. La charité ne passera jamais... Maintenant, foi. espérance, charité demeurent toutes les trois : mais la plus grande des trois, c'est la charité » (I Cor l.H).

L'immense Amour Miséricordieux que Jésus porte à chaque homme, nous pouvons et nous devons le révéler à nos frères, j'ustement en les aimant avec l'amour et la miséricorde mêmes du Cœur de Jésus, que nous por­tons dans notre cœur, dans la mesure ou nous sommes unis au Seigneur, ou le Cœur de Jésus est le Cœur de notre cœur. Nous devons aimer nos frères indépendam­ment de toutes les impressions et réactions de la nature. Nous devons aimer non seulement ce qui est aimable, mais tout ce qui attire la pitié du Cœur de Jésus : les petits, les pauvres, les souffrants et tous les misérables. Le Seigneur ne hait que le péché. Avec le Cœur Miséri­cordieux du Christ, nous connaîtrons nos frères dans la vérité, pour les aimer et les servir comme le Seigneur les aime, avec la compassion que Lui donne la connais­sance de leur fragilité.

Nous devons voir, aimer et servir le Christ dans nos frères. Tout homme est un être créé à l'image de Dieu, un être pour qui Jésus-Christ est mort sur la Croix, par amour, un être qui est ou qui est appelé à devenir fils adoptif de Dieu, frère du Christ, héritier du ciel, un être qui est notre frère et avec qui le Christ a voulu s'iden­tifier.

La foi nous montre Jésus-Christ dans le prochain. Jésus regarde comme fait à Lui-même ce que l'on fait pour le prochain (cf Mt. 25.4045 : Act. 9.1 6). C'est Lui qu'il veut que l'on voie, que l'on aime, que l'on serve dans les autres. Les créatures ne doivent être aimées qu'en Lui. « II faut voir le prochain dans la poitrine du Sauveur, dit saint François de Sales. Hélas ! qui regar­de le prochain hors de là, court grand risque de ne l'ai­mer ni purement, ni constamment, ni également. Mais là. qui ne l'aimerait, qui ne le supporterait, qui ne souf­frirait ses imperfections, qui le trouverait ennuyeux ? »

« L'amour ne fait rien de mal au prochain » (Rom. 13.10). Aimer le prochain, c'est d'abord éviter tout ce qui pourrait lui faire du mal. « Ne fais à personne ce que tu n'aimerais pas subir », disait Tobit à son fils (Tb. 4,15). L'amour est à base de respect. Le concile Vati­can II a insisté sur le respect de la personne humaine, et il a condamné avec vigueur tout ce qui atteint l'homme dans sa dignité.

Respect et amour des adversaires. « Le respect et l'amour doivent aussi s'étendre à ceux qui pensent ou agissent autrement que nous en matière sociale, politi­que, ou religieuse... Certes, cet amour et cette bienveil­lance ne doivent en aucune façon nous rendre indifférents à l'égard de la vérité et du bien. Mieux, c'est l'amour même qui pousse les disciples du Christ à annoncer à tous les hommes la vérité qui sauve. Mais, on doit distinguer entre l'erreur, toujours à rejeter, et celui qui se trompe, qui garde toujours sa dignité de personne, même s'il se fourvoie dans des notions faus­ses ou insuffisantes en matière religieuse » (Vat. Il).

Le Seigneur étend le commandement de l'amour jus­qu'aux ennemis (cf. Mt. 5.44). Si quelqu'un nous fait du mal, Jésus nous défend de lui résister par mode de ven­geance, en rendant le mal pour le mal, selon la règle du talion (cf. Rom. 12.17). Cependant, Jésus n'interdit pas de s'opposer dignement aux attaques injustes (cf. Jn. 18,22 et s.), et encore moins de combattre le mal dans le monde. Nous devons détester le péché, mais aimer le pécheur. Comme un bon médecin qui combat la maladie en aimant les malades qu'il veut guérir, nous devons, nous aussi, lutter contre le mal qu'il y a en nous et autour de nous, mais toujours avec une immense charité pour les personnes. « Si ton ennemi a faim, dit saint Paul, donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire. Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien »(Rom. 12,20-21).

Avertissements fraternels. « Si ton frère vient à pécher, dit Jésus, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère » (Mt. 18,15 ; cf. EZ. 33.7-9). L'avertissement à un frère doit se faire dans la charité. « Pourquoi le reprends-tu ? demande saint Augustin. Est-ce parce que tu es peiné de ce qu'il a péché contre toi ? A Dieu ne plaise. Si tu fais cela par amour pour toi, tu ne fais rien, mais si tu le fais par amour pour lui, tu fais très bien ».

Pardon des offenses et réconciliation. « Pardonnez, dit Jésus, et vous serez pardonnes » (Le. 6,37). « Si vous ' pardonnez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; Mais, si vous ne par­donnez pas aux hommes leurs manquements, votre Père ne pardonnera pas non plus vos manquements » (Mt. 6.14 15). Le Seigneur nous enseigne que la charité envers le prochain est tellement importante que, sans elle, on ne peut plaire à Dieu. « Quand donc tu viens présenter ton offrande à l'autel, si tu te souviens alors que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite tu reviendras présenter ton offran­de » (Mt. 5.23-24).

«Pratiquons le bien à l'égard de tous» (Gai. 6,10). Notre charité doit être agissante. « Petits enfants, dit saint Jean, n'aimons pas en parole ni avec la langue, mais en acte et en vérité » (i Jn. 3,18). « Donnez et l'on vous donnera, dit Jésus : c'est une bonne mesure, tas­sée, secouée, débordante, que l'on versera dans votre sac. Car c'est avec la mesure dont vous aurez mesuré, qu'on mesurera pour vous en retour » (Le. 6,37). « Celui qui aime, dit saint Augustin, a toujours quelque chose à donner »,

La vie s'entretient par la communication des êtres entre eux. Il en est ainsi pour la charité. La charité pour être cordiale exige des rapports, certains contacts et rencontres fraternelles, des mutuels échanges. Dans les rapports avec le prochain, la charité doit s'exprimer par des manières affables, par une attitude habituelle de bienveillance, de douceur, de respect, de sympathie, de patience et de pardon. La charité doit se manifester par la bonté, la disponibilité, le bon accueil, l'hospitalité. La charité du Seigneur envers les hommes consiste à les rendre heureux de son propre bonheur. Que notre charité tende à faire des heureux.

Il peut y avoir beaucoup de charité dans un regard, un sourire, un salut, une parole d'amitié et de réconfort.

Il peut v avoir beaucoup de chante en se taisant et en sachant écouter quelqu'un qui a besoin de se confier. Si parfois, pour le bien du prochain, i! faut faire preuve de fermeté, que ce soit toujours dans la chante Aimer, c'est être tout au service des autres, dans la mesure ou le Seigneur l'inspire Être a la disposition des autres, c'est s'oublier soi même et avoir les antennes de l'âme sensibles, non aux avidités de l'egoisme, mais aux appels d'autrui « Portez les fardeaux les uns des autres, dit saint Paul, et accomplissez ainsi la loi du Christ » (Gai 62).

Chacun doit considérer son prochain comme un « autre lui-même », et tenir compte de son existence et des moyens qui lui sont nécessaires pour vivre digne­ment. « Le jeûne qui me plaît, dit le Seigneur, n'est ce pas ceci desserre les chaînes injustes, relâche les atta ches du joug, rend la liberté aux opprimes, brise tous les jougs, partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi le malheureux sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas a ton semblable Alors ta lumière jaillira comme l'aurore... Tu appelleras, et le Seigneur repondra , tu crieras et il dira 'Me voici ' Car Je suis Bon, Moi, le Seigneur votre Dieu »<ls 58 l 11)

Comme le Seigneur est Bon, nous devons être bons.

Comme le bon samaritain, sachons venir en aide aux frères qui sont dans la détresse (cf Le 10.30 37). L'apôtre saint Jean nous dit « Si quelqu'un possède les biens de ce monde, qu'il voie son frère dans le besoin, et lui ferme son cœur, comment l'amour de Dieu demeure t-il en lui 9 »(i Jn 3 17 18).

Souvenons nous de ce mot des Pères de l'Église : « Donne a manger a celui qui a faim, car si tu ne lui as pas donne a manger tu Pas tue » II faut donc se garder d'imiter ce riche qui ne prit nul souci du pauvre Lazare (i.fic Ui 19 il) Les Pères et les Docteurs de l'Église enseignent que l'on est tenu d'aider les pauvres, et pas seulement au moyen de son superflu Chacun, selon ses possibilités, doit partager et employer vraiment ses biens, en procurant avant tout aux individus et aux peuples les moyens qui leur permettront de s aider eux mêmes et de se de\elopper (cf Vat II)

Nombreuses sont les activités où la charité Fraternelle peut s'exercer Dans l'accomplissement de son devoir d'état dans le travail au service du bien des autres, l'homme a de multiples occasions d'exercer la chante fraternelle L'amour fraternel peut encore se manifester dans des activités variées comme améliorer les conditions de vie des pauvres , reconforter et aider tous ceux qui souffrent du manque de nourriture et de bois son. de \etements. de logement, de remèdes, de travail, d'instruction . \isiter les malades et les handicapes, les soigner, leur rendre service . apporter une aide bienfai santé aux \eu\es et aux orphelins, aux enfants aban donnes, aux vieillards, aux prisonniers, aux personnes éprouvées . accueillir et aider les travailleurs etran gers , se dévouer a 1 éducation des enfants et des jeunes au mo\en des écoles de toutes sortes , aider les famil les , améliorer l'ordre temporel

L'Oeuvre de la Rédemption du Christ, qui concerne essentiellement le salut des hommes, embrasse aussi le renouvellement de l'ordre temporel, par l'Esprit evange lique et par la chante On entend par ordre temporel : les biens de la vie et de la famille, la culture, les réalités économiques, les métiers et les professions, les institu lions de la communauté politique, les relations interna tionales et les autres réalités du même genre Les chre tiens laïcs doivent assumer comme leur tâche propre le renouvellement de l'ordre temporel, de manière que dans le respect de ses lois propres, il devienne plus conforme à l'Esprit de l'Évangile, et soit orienté vers Dieu par le Christ (cf. Vat.il). Avec toutes ces manifestations de la charité fraternelle, il y a aussi, et principalement, toutes les activités au service du Salut éternel des âmes et de leur sanctification.

Aimer ses frères, c'est les vouloir unis à Dieu le Père, par Jésus-Christ et dans l'Esprit Saint. Si nous appro­chons du Cœur de Jésus, nous partagerons sa soif ardente du Salut des âmes. Nous considérerons la Gloi­re de Dieu comme le plus grand des biens, le salut et la sainteté comme le trésor par excellence de l'humanité. Nous aiderons nos frères à réaliser leur destinée conformément au Dessein de Dieu. « Quiconque aime son prochain comme il convient, dit saint Augustin, travaille pour que celui-ci aime Dieu à son tour, de toute son âme et de toutes ses forces ». De même que la Passion de Jésus fut de manifester le Père, de commu­niquer la Vie qu'il recevait de Lui en abondance, afin d'attirer tous ses frères vers le Bien-aimé Père, de même, la passion du chrétien doit être de manifester le Christ, de communiquer la vie qu'il reçoit de Lui, et d'attirer dans le Christ tous ses frères.

Plus nous serons remplis de Dieu, qui est Amour, et plus nous le donnerons à nos frères. De même que Dieu a créé à son image, les êtres ne produisent qu'à l'image de ce qu'ils sont. Par conséquent, il faut que nous soyons saints si nous voulons entraîner les autres sur le chemin de la sainteté. Il nous faut mettre en pratique la parole de Jésus : « Je me consacre moi-même afin qu'ils soient, eux aussi, consacrés dans la vérité » (Jn. 17,19).

L'âme qui fait de sa vie une constante union avec la Vie de Jésus, glorifie le Seigneur et travaille grandement au profit des âmes. Si dès le matin, nous nous unissons à Jésus et lui offrons toute notre journée, avec l'ardent

désir que son Cœur s'en serve pour le profit des âmes, si avec amour nous faisons tout notre devoir, heure par heure, moment par moment, nous amasserons des tré­sors pour nous et pour les âmes, et les arracherons en grand nombre au chemin de la perdition. Ne cessons de demander grâce pour les pauvres pécheurs, en particu­lier pour les pécheurs mourants. Offrons des sacrifices, si petits soient-ils, pour les sauver. Un petit acte de générosité, de patience, de pauvreté peut devenir un tré­sor et gagner au Coeur de Jésus un grand nombre d'â­mes. Le plus petit acte fait par amour acquiert tant de mérite, et donne tant de consolation au Seigneur, qui ne cherche que l'amour !

Le Seigneur ne nous a sauvés qu'avec de l'Amour. Nous ne sauverons nos frères qu'avec de l'amour. La charité fraternelle est la clef du salut des pécheurs. Elle est comme l'âme de tout apostolat.

Soyons pour nos frères témoins du Christ, par la vie et par la parole. « Vous êtes la lumière du monde, dit Jésus... On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt. 5.14 16). Sachons donner à nos frères le bon exemple, le témoignage d'une vie chrétienne intégrale. Nous serons ainsi pour eux des éclaireurs, des indica­teurs du droit chemin, des évangéliaires.

« Le témoignage même de la vie chrétienne, et les œuvres accomplies dans un esprit surnaturel, sont puis­sants pour attirer les hommes à la foi et à Dieu » (Vat. il). « Cet apostolat cependant ne consiste pas dans le seul témoignage de la vie. Le véritable apôtre cherche les occasions d'annoncer le Christ par la parole, soit aux incroyants pour les aider à cheminer vers la foi soit aux fidèles pour les instruire, les fortifier, les inciter à une vie plus fervente, car « la charité du Christ nous presse »(Vat. II : 2 Cor. 5,14).

L'apostolat organisé. « Les chrétiens sont donc appe­lés à exercer personnellement l'apostolat, dans leurs diverses conditions de vie. Il ne faut cependant pas oublier que l'homme est social par nature, et qu'il a plu à Dieu de rassembler ceux qui croient au Christ, pour en faire le Peuple de Dieu (cf. I P. 2,5-10), et les unir en un seul Corps (cf. I Cor. 12,12). L'apostolat organisé correspond bien à la condition humaine et chrétienne des fidèles. Il présente en même temps le signe de la communion et de l'unité dans le Christ qui a dit : « Là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, Je suis au milieu d'eux » (Mt. 18,20 ; Vat. Il).

Les champs d'apostolat ouverts aux chrétiens sont variés, tant dans l'Eglise que dans le monde. Les princi­paux sont : la communauté ecclésiale, la famille, les jeunes, les milieux sociaux, les secteurs nationaux et internationaux. Il existe aussi une grande variété dans les associations d'apostolat. Parmi celles-ci, il faut mentionner les institutions d'Action catholique qui ont été recommandées et favorisées par les Papes et de nombreux évêques.

La famille paroissiale. « La paroisse est un organis­me ecclésial toujours vivant et indispensable. Elle est la première communauté organique et autorisée dans l'Église diocésaine, en communion avec l'Église univer­selle » (Paul VI). « La paroisse offre un exemple remarquable d'apostolat communautaire, car elle ras­semble dans l'unité tout ce qui se trouve en elle de diversités humaines, et elle les insère dans l'universalité de l'Église» (Vat. II). Les communautés paroissiales doivent être des foyers de chrétienté, constitués selon l'Évangile et selon l'Eucharistie ; des centres de charité où l'on observe le grand commandement de l'amour envers Dieu et de la charité envers les frères. Les pre­miers chrétiens « n'avaient qu'un cœur et qu'une âme » (Act. 4.32), et les païens disaient d'eux « Voyez comme ils s'aiment ».

« Que votre charité grandisse encore et de plus en plus », dit saint Paul (Phil. 1,9). La charité est un don de Dieu. Elle nous fait aimer Dieu et tous nos frères en Dieu. La charité, que nous avons reçue en germe au baptême, est appelée à se développer sous l'influence de Dieu, avec notre coopération active. « Vivant de la vérité et dans la charité, dit saint Paul, nous grandirons de toute manière en celui qui est la tête : le Christ » (Eph. 4.15).

Pour vivre dans la charité, il nous faut regarder avec les yeux de Jésus, aimer avec son Cœur, agir avec son Esprit. « Oh ! mon divin Sauveur, disait sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, vous savez que je n'arriverai jamais à aimer les sœurs comme vous les aimez, si vous-même ne les aimez en moi. Oui, je le sens, lorsque je suis cha­ritable, c'est Jésus seul qui agit en moi. Plus je suis unie à Lui, plus aussi j'aime mes sœurs ».

Pour vivre de plus en plus dans la charité, il faut mourir en l'égoïsme, chaque jour un peu plus. La chari­té n'est possible en ce monde qu'à prix d'humilité, et souvent à prix d'humiliation. Il faut sacrifier l'amour propre, il faut des efforts et des luttes pour l'extirpation de ses défauts et l'acquisition de toutes les vertus. Il faut enfin des exercices répétés d'actes de charité.

La charité tend à réaliser l'Unité conformément au Dessein de Dieu : Tous les frères en Un, tous dans le Christ, le Christ total rendu au Père : <r Que tous soient Un, dit Jésus, comme Toi, Père, Tu es en Moi et Moi en Toi, qu 'eux aussi soient UN en NOUS » (Jn. 17,210 .