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Symphonie de la vie
Pensées du professeur Jérôme Lejeune
Jérome Lejeune

Source : Kephas juillet - septembre 2004

Le plus grand malheur, je pense, qui puisse arriver à un vrai savant est de voir ses découvertes totalement détournées de leur but initial et asservies à la mort.  Mon mari prend alors la décision de défendre publiquement ses malades. Cet engagement au service des plus déshérités d'entre nous lui a valu l'ostracisme des puissants mais l'amitié des petits et de ceux qui leur ressemblent. Vous trouverez ici les messages clés de ses interventions. Ce sont des paroles fortes. Elles nourrissent aujourd'hui la ligne de conduite de la Fondation Jérôme Lejeune qui poursuit son œuvre. Puisse ce témoignage de Vérité, d'Espérance et d'Amour soutenir notre réflexion, éclairer notre sens de l'humanité et guider notre ardeur tous les jours.
Madame Jérôme Lejeune
Vice présidente de la Fondation Jérôme Lejeune.

Homme dès la conception

    « Pour le généticien, il est très remarquable que nous employions le même mot pour définir une idée qui nous vient à l'esprit et un nouvel humain qui vient à la vie. Nous n'avons qu'un seul mot : conception. On conçoit une idée, on conçoit un enfant. Et la génétique nous dit que nous n'avons pas tort d'employer le même mot. Qu'est-ce que la conception ? C'est réellement l'information inscrite dans la matière, si bien que cette matière n'est plus matière, mais un homme nouveau.  

    Principes de la médecine

    « La médecine, c'est le service des malades. Il est absolument 'non pensable' pour moi de tuer d'une main et de soigner de l'autre. J'aime les enfants. Chaque fois que j'entendais parler d'avortement à propos des malades dont je m'occupais (car les premières campagnes en faveur de l'avortement ont surtout attaqué les enfants trisomiques), j'avais l'impression que si je ne les défendais pas, moi qui étais leur médecin, personne ne le ferait. Si je m'étais tu, j'aurais eu l'impression de les abandonner par lâcheté, alors qu'on les vouait à l'extermination. »

    « C'est la loi de la sagesse éternelle : haïr le péché, aimer le pécheur. La vraie médecine lui ressemble en cela, elle enseigne la haine de la maladie et l'amour du malade. Mais si vous ne connaissez que la maladie, vous pouvez parfaitement éliminer le malade en disant : Mais j'élimine la maladie ! »

    Philosophie de la vie 

    « La contraception, qui est faire l'amour sans faire l'enfant; la fécondation extracorporelle, qui est faire l'enfant sans faire l'amour; l'avortement, qui est défaire l'enfant et la pornographie qui est défaire l'amour, se trouvent à des degrés divers, incompatibles avec la morale naturelle. »

    « Il faut dire clairement les choses : la qualité d'une civilisation se mesure au respect qu'elle porte aux plus faibles de ses membres. Il n'y a pas d'autre critère de jugement. »

    « Alors il reste une voie, la seule, les guérir et les guérir vite. Voilà, j'y suis, entièrement, plein cœur plein temps, pharmacologie, biochimie, modèles moléculaires cinq heures par jour, tout cela pour essayer d'échafauder pendant les vacances, mon seul temps de répit où je puisse enfin me consacrer à quelque chose, un programme d'attaque cohérent pour lancer toutes nos forces sur des voies non encore essayées. »

    Une symphonie inachevée

    « J'étais celui qui devait les guérir et je m'en vais avant d'avoir trouvé. »

    Poème écrit par le professeur Lejeune, retrouvé dans un sous-main après sa mort :

    Ainsi chantonne doucement

    Un vieux cœur s'en allant

    Femme aimée, très chers enfants,

    Beaux-enfants, petits-enfants,

    Frères, nièces, tous parents,

    Prenez-en gré je vous en prie

    Si ne faufile hors du temps

    De l'autre côté de la vie

    Où le Seigneur nous attend.

    À tous grand merci disant

    À Dieu, sa merci demandant,

    Ainsi chantonne en s'en allant...