Ce qui est très important pour les hommes, c'est de savoir d'abord pourquoi ils vivent. Si pendant notre sommeil, sans notre assentiment, on nous déposait délicatement dans une cabine de navire ou dans un compartiment de train, à notre réveil, nous nous poserions des questions : Pourquoi suis-je ici ? Qui m'a mis là ? Que veut-on de moi ? Quel est le terme de mon voyage ?
De même, notre présence sur la terre fait surgir en nous des interrogations profondes : « Qu'est-ce que l'homme ? Quel est le sens et le but de la vie ? Qu'est-ce que le bien et qu'est-ce que le péché ? Quels sont l'origine et le but de la souffrance ? Quelle est la voie pour parvenir au bonheur ? Qu'est-ce que la mort, le jugement et la rétribution après la mort ? Qu'est-ce enfin que le mystère dernier et ineffable qui entoure notre existence, d'où nous tirons notre origine et vers lequel nous tendons ? » (Vatican II). « Dieu seul, qui a créé l'homme à son image et l'a racheté du péché, peut répondre à ces questions en plénitude » (Vat. II). Dieu est Amour, et II a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, pour que tout homme qui croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle (cf. Jn.3,16).
Notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme, est « la lumière véritable, qui éclaire tout homme» (Jn.l,9). La lumière de la Vérité, nous la trouvons dans le Christ et dans l'Église qui continue sa mission. L'Église « croit que le Christ, mort et ressuscité pour tous, offre à l'homme, par son Esprit, lumière et forces pour lui permettre de répondre à sa très haute vocation. Elle croit qu'il n'est pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel ils doivent être sauvés (cf. Act. 4,12). Elle croit aussi que la clé, le centre et la fin de toute histoire humaine se trouve en son Seigneur et Maître »(Vat II).
Quand l'apôtre Philippe eut appris à Nathanaël qu'ils avaient trouvé le Messie, Fils de Joseph de Nazareth, Nathanaël répondit : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Alors Philippe n'eut qu'un argument : « Viens et vois ». Et Nathanaël ayant connu le Christ, crut et l'aima.
Écoutons le Seigneur qui nous appelle : « Venez et voyez... Cherchez et vous trouverez ; frappez et il vous sera ouvert... Je suis la Lumière du monde. Je suis la voie , la vérité et la vie ».
Dispositions d'âme requises en face du problème de la vie.
L'homme doit chercher la vérité, avoir une intelligence continuellement en éveil, prête à accepter la vérité quelle qu'elle soit, et d'où qu'elle vienne. « Il faut aller à la vérité de toute son âme », dit saint Thomas d'Aquin.
II faut ensuite vouloir suivre la vérité, malgré les sacrifices qu'elle exige. Dans l'Évangile, l'apôtre saint Jean nous dit : « La lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, quiconque fait le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées ; mais celui qui agit dans la vérité vient à la lumière, pour qu'il apparaisse au grand jour que ses œuvres sont faites en Dieu » (jn. 3,19-21).
« Tu rechercheras le Seigneur, ton Dieu, dit Moïse ; et tu le trouveras si tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme » (Deut. 4,29). Dieu a mis assez de signes dans ses œuvres, pour se faire reconnaître à ceux qui le cherchent avec humilité et sincérité. Mais, ceux qui sont mal disposés risquent de s'aveugler et de ne pas voir.
Dans l'accomplissement de sa mission, Jésus a rencontré des hommes incrédules. Dans l'Évangile, saint Jean nous dit : « Bien qu'il eût opéré tant de signes en leur présence, ils ne croyaient pas en Lui » (Jn. 12,37). Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe : « Vous aurez beau entendre, vous ne comprendrez pas ; vous aurez beau voir, vous n'apercevrez pas. C'est que l'esprit de ce peuple s'est épaissi : ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur esprit ne comprenne, qu'ils ne se convertissent et que Je ne les guérisse »(Mt. 13,14-15).
« De peur qu'ils ne se convertissent et que Je ne les guérisse ». Voilà la raison de leur endurcissement Ils ne veulent pas guérir. Ils ne veulent pas comprendre pour n'avoir pas à changer de vie. Ils préfèrent demeurer dans leur péché, plutôt que de retrouver leur âme pure et libre de fils de Dieu.
« Si notre Évangile demeure voilé, dit saint Paul, c'est pour ceux qui se perdent qu'il est voilé, pour les incrédules, dont le dieu de ce monde (c'est-à-dire Satan), a aveuglé la pensée afin qu'ils ne voient pas resplendir l'Évangile de la Gloire du Christ, qui est l'image de Dieu » (2 Co. 4,3-4).
Dans une prière à son Père, Jésus s'exprima ainsi : « Je te bénis, Père Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux habiles et de l'avoir révélé aux tout petits » (Mt. 11,25).
Jésus dit encore : « Bienheureux les cœurs purs, parce qu'ils verront Dieu » (Mt. 5,8). Nous devons purifier notre cœur et notre regard, pour découvrir la lumière des vérités divines et pour rencontrer Dieu, qui nous recherche beaucoup plus que nous ne le recherchons nous-mêmes.
Enfin, pour trouver Dieu, il faut prier. « Demandez, dit Jésus, et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira » (Lc. n,9-10).
Saint Augustin faisait monter vers Dieu cette belle prière : « Mon Dieu, donne-moi la lumière pour connaître ta Sainte Volonté, et donne-moi la force de l'accomplir ».
Savoir accepter le mystère
Dans la recherche de la vérité, dans la recherche de Dieu, les hommes doivent être accueillants au mystère. Lorsqu'on aborde le domaine des vérités révélées par Dieu et enseignées par l'Église, il faut s'attendre à rencontrer du mystère. Il y a dans notre CREDO des vérités que notre raison n'aurait pas pu découvrir, qui nous sont connues parce que Dieu nous les a révélées. Ces vérités, nous ne pouvons pas les comprendre parfaitement, parce qu'elles expriment des réalités qui nous dépassent. Ce sont des mystères.
Il n'est pas étonnant qu'il y ait des mystères dans la religion. Il y a déjà tant de mystères dans le monde qui nous entoure. Les savants peuvent déchiffrer quelques lettres de l'alphabet divin, mais ils s'arrêtent devant des mystères qu'ils constatent sans pouvoir les expliquer.
Or, si déjà nous trouvons du mystère dans la Création, il est normal d'en rencontrer dans le Créateur qui surpasse infiniment ses œuvres.
Et alors même qu'il n'y aurait pas de mystères dans les sciences humaines, il devrait y en avoir dans la Religion, car, de même que l'œil de l'homme est trop faible pour fixer le soleil, la raison humaine est trop faible pour comprendre parfaitement, totalement Dieu. Il n'y a que Dieu qui puisse se connaître parfaitement Si l'homme pouvait comprendre parfaitement, totalement Dieu, Dieu ne serait plus Dieu. Il serait ramené à notre niveau, à notre mesure humaine. « Mon Dieu, dit saint François de Sales, vous seriez bien petit, si mon intelligence pouvait vous comprendre ».
« Heureusement qu'il y a des mystères, dans la Religion, dit Charles Nicole, s'il n'y en avait pas, je me méfierais. Je craindrais qu'il n'y ait là qu'une construction artificielle de l'esprit humain. Le mystère me rassure. Il est la marque de Dieu ».
Le chrétien, en croyant, n'abdique pas les droits de l'intelligence. Il fait un acte raisonnable. Dieu qui nous a donné la raison, ne nous demande pas d'y renoncer, bien au contraire, Il nous fait savoir par l'Eglise, qu'il n'y a jamais désaccord entre la Foi et la raison.
Les mystères de notre CREDO ne sont pas contre notre raison, mais au-dessus de notre raison. Le mystère n'est pas un mur sur lequel on se bute, c'est un océan dans lequel on se perd. Ce n'est pas mystérieux, au sens où Dieu nous proposerait des énigmes indéchiffrables, mais au sens d'inépuisable.
«Je suis la Lumière du monde, dit Jésus, celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, mais aura la Lumière de la vie » (Jn. 8,12).
Nous sommes conviés à suivre Jésus, la Lumière du monde, la Voie, la Vérité et la Vie, avec les bonnes dispositions requises pour accueillir fructueusement les semences des vérités éternelles.
La parabole du semeur (Luc 8,4-15).
Dans l'Évangile, le Seigneur nous raconte la Parabole du Semeur, pour nous montrer que la semence de la Parole de Dieu peut être reçue dans les âmes de manières différentes.
Comme le semeur, qui sort pour confier à la terre le grain des moissons futures, ainsi, Dieu est venu et continue à venir, tout au long de l'Histoire, pour semer ses appels, sa Lumière, sa Vérité et sa grâce, dans les sillons vivants de l'humanité.
Dieu nous parle par les signes de sa Création. Dieu nous parle à l'intime de notre conscience. La Parole de Dieu a retenti dans les solitudes du Paradis terrestre, dans les champs de la Chaldée, sous la tente des patriarches, sur les cimes du Sinaï, sur les lèvres ardentes des prophètes. Et après avoir, à maintes reprises et de bien des manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, et par qui II a créé le monde.
Le message de Jésus ne cesse d'être gardé fidèlement, scruté avec attention et amour, et proposé de façon adaptée à chaque époque, par l'Église qui continue la Mission du Christ.
Dans l'Évangile, Jésus nous montre le semeur qui parcourt son champ et d'un geste large, sème à profusion la semence, au point que celle-ci tombe en partie sur le chemin ou sur des terrains caillouteux ou pleins d'épines où elle ne peut fructifier.
On blâmerait avec juste raison un laboureur qui perdrait sa semence, « mais, dit saint Jean Chrysostome, il n'en est pas ainsi de nos âmes. Les pierres les plus
dures peuvent se changer en une terre fertile ; les chemins les plus battus, n'être plus foulés aux pieds, ni exposés à tous les passants, mais devenir un champ libre préparé pour la culture ; les épines disparaître, afin que le grain croisse et pousse sans obstacle ».
En Dieu, il est un amour prodigue qui ne cesse de semer partout. « Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes » (Mt. 5,45).
C'est pour nous sauver que Dieu vient vers nous et nous fait entendre sa voix. Mais, Il s'adresse à l'homme libre, sans forcer son adhésion. Ce qu'il veut, c'est une acceptation dans l'amour filial.
Les différents terrains où la semence connaît des sorts variés, sont le symbole de la diversité d'accueil et de fécondité, que le message de Dieu reçoit chez les hommes, en vertu de leurs dispositions.
« Une partie de la semence, dit Jésus, tomba au bord du chemin, et elle fut piétinée et les oiseaux du ciel la mangèrent... Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui entendent la Parole de Dieu ; ensuite vient le Diable et il ôte de leur cœur la Parole pour empêcher qu'ils ne croient et ne soient sauvés ».
« Une autre partie de la semence tomba aussi sur la pierre, et quand elle eut poussé, elle sécha, ne trouvant pas d'humidité... Ceux qui sont sur la pierre sont ceux qui, lorsqu'ils entendent reçoivent la Parole avec joie, mais ceux-là n'ont pas de racines. Ils croient pour un temps, et au temps de l'épreuve, ils abandonnent ».
« Une autre partie de la semence tomba au milieu des épines, et les épines qui poussaient avec elle, l'étouffèrent... Ce qui tombe dans les épines ce sont ceux qui entendent, mais en cours de route, ils sont étouffés par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils n'arrivent pas à maturité ».
Enfin, le dernier tableau de la Parabole est radieux.
« La semence tomba dans la bonne terre, et quand elle eut poussé, elle donna du fruit au centuple... La bonne terre, c'est ceux qui entendent, qui gardent la Parole dans un cœur bon et excellent et qui portent du fruit dans la persévérance ».
« Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la gardent», dit Jésus (Luc 11,27). Imitons la Très Sainte Vierge Marie, qui a été si accueillante à la Parole de Dieu, qu'elle a porté en elle le verbe de Dieu fait chair, par l'action du Saint-Esprit.
Soyons dociles à la Parole de Dieu à l'exemple de la multitude des saints. C'est la Parole de Jésus qui a fait lever cette magnifique moisson de saints, qui sont la noblesse de l'Eglise et les plus grands bienfaiteurs de l'humanité.
Tous nous devons être la bonne terre, c'est-à-dire de ces âmes bien disposées, qui reçoivent profondément l'empreinte de la Parole de Dieu, la mettent en pratique, et qui par le travail, la patience, et la persévérance portent au maximum des fruits, les fruits des bonnes œuvres, que le Seigneur attend de chacune de nos vies.