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Le chapelet... et si on le récitait !

Vous désirez une prière qui soit un repos ? Une, qui paraît souvent difficile, est le chapelet. Il peut nous conduire sans fatigue à la prière qui nous est demandée : la prière perpétuelle.
Il n'est nullement obligatoire : la seule prière d'obligation étant la messe du dimanche et des jours de fête. Pour le reste, nous avons toute liberté. Mais nous devons avoir à coeur de nous servir des moyens qui ont fait leurs preuves. Ce ne sont pas six siècles de tradition qui se trompent. Peut-être inventera-t-on mieux, mais pour le moment nous en disposons et notre seul tort est de vouloir le "dire". En effet, en voulant le "dire", on en perd le sens véritable : il n'est pas fait pour être "dit" mais pour être médité.
Si l'on veut que le Rosaire atteigne le but pour lequel il a été institué, il faut le considérer comme une contemplation et non comme une récitation vocale. Il faut résolument consentir à ce que la récitation des Ave soit machinale. C'est une pure routine alors me direz-vous ? Oui, je ne crains pas de le dire, c'est ainsi que cela doit être. Concernant les paroles, j'en dirais autant. Il n'est pas possible de répéter les mêmes formules sans en prendre l'habitude. Or l'habitude a été créée par le Bon Dieu précisément pour nous dispenser de faire attention à ce que nous disons ou à ce que nous faisons. Notre vie toute entière est faite d'habitudes, grâces auxquelles notre esprit est libre de penser à autre chose. Grâce à l'habitude, les grains de notre chapelet rendent notre esprit libre de penser à autre chose. Pas à n'importe quoi, bien sûr. S'il nous arrive de penser à n'importe quoi, il nous reste, il est vrai, le mérite de l'acte initial. Seulement, il n'y a plus de contemplation. Pour que celle-ci demeure, notre esprit doit se fixer sur un objet déterminé. Ici, les mystères de la vie de Notre Seigneur. Notre première intention doit ainsi consister dans la contemplation elle-même et le désir de s'en nourrir. Les paroles de l'Ave affleureront alors, mais cette double attention ne se soutiendra pas longtemps. 


Une autre disposition est nécessaire : la foi vive, qui nous fait voir dans chaque mystère un détail de l'amour de Dieu. Alors le Rosaire prend une valeur et une saveur qu'il ne peut avoir si l'on considère chaque mystère séparément. Le Credo nous rappelle que le temps s'enfonce dans l'éternité, qu'il s'y enracine, et que l'éternité saisit le temps, le remplît et le valorise. Le Pater proclame que la foi culmine dans le mystère de la paternité divine, qui est la source de tout amour. C'est sous une nouvelle perspective, la réaffirmation de l'amour éternel évoqué par le Credo. Par le Gloria, nous remercions la Très Sainte Trinité de l'amour qu'elle nous a témoigné dans le mystère.