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Visite à Saint Joseph
Père Abbé Christian-Philippe Chanut

Source : Christicity 13 décembre 2001

O cher et Saint Patriarche, je me réjouis de votre bonheur et de votre gloire: vous avez été rendu digne de commander comme Père à Jésus et de voir soumis à vos ordres Celui à qui le ciel et la terre obéissent! O bon Saint Joseph, vous avez eu un Dieu à votre service : à votre service j'entends me mettre moi aussi, vous obéir, vous rendre honneur, m'attacher à vous, comme à mon Maître. Je vous choisis aussi après Marie, pour mon principal avocat et protecteur. Chaque jour de ma vie, je vous le promets, je vous honorerai par quelque hommage spécial; chaque jour je viendrai me mettre sous votre sauvegarde. Acceptez-moi pour toujours parmi vos serviteurs et vos protégés. Par la joie que vous avez eue de vivre ici-bas en la société de Jésus et de Marie, je vous prie de veiller su moi toujours, au cours de mon existence terrestre; par l'assistance que Jésus et Marie vous donnèrent à votre mort, accordez-moi votre particulière assistance à l'heure de ma mort : faites ainsi que, mourant en votre compagnie et en celle de Marie et de Jésus, j'aille vous remercier en paradis, et, uni à vous, louer et aimer éternellement le bon Dieu. Ainsi soit-il.
Jésus-Christ, sur la terre, voulut accorder à Saint Joseph un honneur sans pareil en se soumettant à lui. Le Père éternel désigna Joseph pour le remplacer auprès de son Fils; et, dès lors, Jésus regarda Joseph comme son père, et lui témoigna, durant l'espace de trente ans, un respect filial, une filiale obéissance. Marie, de son côté, était soumise à Joseph et montrait un cordial empressement et une affectueuse déférence à lui rendre honneur et à lui complaire en tout. L'exemple de Jésus et de notre céleste Mère ne suffira-t'il pas à nous inspirer une tendre dévotion envers ce grand Saint?

Durant tout le temps que Jésus et Joseph vécurent ensemble, l'emploi de Saint Joseph fut de commander; l'emploi de Jésus, obéir. Jésus ne changeait de place, n'entreprenait une action quelconque, ne goûtait de nourriture, n'allait prendre son repos, que selon les ordres de Saint Joseph. 

Cette attitude humble et obéissante de Jésus met en relief la dignité du saint Patriarche : cette dignité l'emporte sur celle de tous les saints, la divine Mère exceptée. « Combien ne doit-il pas être honoré par les hommes, s'écrie le cardinal d'Ailly, celui que le Roi des rois a voulu combler d'une telle gloire! »

La dévotion à Saint Joseph vaut à une âme des faveurs insignes : Sainte Thérèse nous en donne l'assurance. Dès avant sa conversion totale à la sainteté, elle avait pris ce glorieux saint pour avocat, protecteur et père : il répondit à sa confiance par des marques visibles de sa bienveillance paternelle. « C'est une chose étonnante, dit-elle, que les grandes grâces dont Dieu m'a favorisée, que les périls, tant de l'âme que du corps dont il m'a délivrée, par l'entremise de ce bienheureux saint. Le Seigneur semble avoir donné grâces aux autres pour nous assister en tel ou tel besoin; mais Saint Joseph, je le sais par expérience, nous assiste en toutes nos nécessités...C'est ce qu'ont reconnu plusieurs personnes que j'avais engagées à l'invoquer, et il en est beaucoup maintenant qui, grâce à cette expérience, lui portent de la dévotion ».

Si parfaite et idéale que fût la sainteté de Joseph quand il devint l'époux de Marie, ce ne fut là pour lui qu'un point de départ. Quelle surabondance de grâce et d'amour divin n'a-t'il pas retirée des entretiens de sa sainte épouse, de sa constante cohabitation avec elle, des exemples éminents de vertu qu'elle lui donna! Une seule parole de Marie suffit à sanctifier Jean-Baptiste et à remplir Elisabeth de l'Esprit-Saint. Or, Saint Joseph, lui, vécut de longues années dans l'intimité de la Vierge bénie. Et son âme était si ouverte aux influences de la grâce, si avide de les recevoir, si généreuse à en profiter, et particulièrement désireuse de ressembler à Marie. L'histoire et l'expérience nous 

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