christicity.com Réponses catholiques Découvrir la foi catholique L'Eglise
Ne peut-on être chrétien sans l'Eglise ?
Lothaire Zenetti

Apologétique de poche

Beaucoup de gens prétendent "croire au Christ", mais refusent d'admettre l'Eglise, considérée par eux comme une institution purement humaine. On peut, disent-ils, être chrétien sans appartenir à une église. Au fond, l'Eglise ne repose-t-elle pas sur une fantastique incompréhension des paroles du Christ ? Le Christ n'a certainement pas eu l'idée de faire dispenser sa doctrine par des fonctionnaires et des organismes ecclésiastiques.

Nous voulons prouver, au contraire, que le Christ a voulu établir une Eglise, composée d'hommes (avec les qualités et les défauts inhérents à la nature humaine); que le Christ a fondé cette Eglise et qu'il l'a chargée - et elle seule - d'annoncer sa doctrine et de procurer le salut.

Le Christ a fondé l'Eglise

1. Les prophètes de l'Ancien Testament avaient annoncé pour le temps messianique un nouveau Royaume de Dieu qui devait embrasser tous les peuples (Isaïe, II, 2-4; Isaïe LX; Michée, IV, 1-3). Or Jésus annonce le Royaume des cieux: (Matth, IV, 17). Ses miracles annoncent l'arrivée du Royaume de Dieu (Matth, XII, 28). Ce Royaume de Dieu ne doit pas être réservé strictement au peuple juif; il doit être vaste comme le monde. Dans la Parabole du semeur "le champ, c'est le monde " (Matth, XIII, 38). L'ordre du Seigneur envoie des messagers aux gens qui se trouvent "dans les places et dans les rues, sur les chemins et le long des clôtures " (Luc, XIV, 21-23). Les invités viendront couchant " (Matth, VIII, 11). Le Seigneur envoie ses disciples jusqu'aux extrémités de la terre et jusqu'à la fin des temps (Matth, XXVIII, 19).

Le Royaume de Dieu ou "royaume des cieux" offre un aspect extérieur et un aspect intérieur: les conditions pour entrer dans ce Royaume - la foi et le baptême - sont spirituelles et se traduisent d'une façon sensible (Jean, III, 16; III, 5-8). Le Royaume est un mystère (Matth, XI, 25) mais il doit être confessé publiquement devant les hommes " (Matth, X, 32), c'est une communauté intérieure et spirituelle (Luc, 17, 21) et c'est pourtant "une ville sur la montagne ", visible à tous (Matth, V, 14).

Plusieurs fois le Christ appelle ce Royaume de Dieu "Eglise". Le mot hébreu "quahâl" signifie "assemblée". "Quéhal Yahvé"="peuple de Dieu". Les Grecs traduisent ce mot par "Ekklesia" (de " ekkalein " = convoquer). Par ce terme politique qui signifiait la communauté des convoqués ", - c'est-à-dire les citoyens électeurs de la cité grecque invités à l'assemblée par le héraut - on désignait le peuple de Dieu des " appelés ". C'est ainsi que le Christ dit: " Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise " (Matth, XVI, 18). De même qu'il y avait dans l'Ancien Testament le Peuple de Dieu, le Christ veut constituer son Peuple, son Eglise. Le Christ emploie le mot " Eglise " une autre fois dans Matth, XVII, 17: "Si quelqu'un refuse d'écouter l'Eglise, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain ! "

2. Le Christ donne à cette Eglise une organisation bien nette

Parmi les soixante-douze disciples, il en choisit douze comme "Apôtres" (Marc, III, 13-19); il leur donne une formation spéciale (Matth, XIII), et il les envoie prêcher et guérir (Luc, IX, 1-6). Il leur confie les rites du Royaume de Dieu; on entre dans le Royaume par le Baptême, dont l'administration est liée à des signes et des paroles (Matth, XXVIII, 19; Jean, III, 5). Le Christ accomplit l'incorporation complète du baptisé dans la communauté de vie par les Apôtres dans l'Eucharistie (Jean, VI, 53-57; Luc, XXII, 19s). Il donne aux Apôtres le pouvoir de ressusciter les âmes de la seconde mort encourue par le péché: la pénitence (Jean, XX, 22).
Il leur donne le "pouvoir pastoral" (Matth, XVIII, 17-18) et le pouvoir d'enseigner: "Qui vous écoute m'écoute." (Luc, X, 16).
Finalement il leur donne tout pouvoir et il les envoie: "Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc. De toutes les nations faites des disciples, les baptisant au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que moi, je vais être avec vous toujours jusqu'à la fin du monde " (Matth, XXVIII, 18-20). "Et moi, je dispose pour vous du Royaume comme mon Père en a disposé pour moi. " (Luc, XXII, 29) " Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. " (Jean, XX, 21) De quel "envoi", de quelle "mission" s'agit-il ? Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. " (Luc, XIX, 10) C'est pour cela que les Douze doivent être munis de la force du Saint-Esprit (Act, I, 6-8).

3. La primitive Eglise, telle qu'elle nous apparaît dans les Actes des Apôtres et les Epîtres des Apôtres, est "la communauté des baptisés et des croyants " (Act, II, 37-47), sous la conduite des Apôtres et des Disciples (Act, VI, 2-4).Les Apôtres se considèrent comme mandatés par le Christ, "par qui ils ont reçu grâce et charge d'apôtre pour amener en son nom tous les païens à l'obéissance de la foi " (Rom, I, 5) comme " des serviteurs du Christ et des intendants des mystères de Dieu " (I Cor, IV, 1) comme "en ambassade pour le Christ, et comme si Dieu exhortait par eux " (II Cor, V, 20) comme chargés "du mystère de la réconciliation" (II Cor, V, 18). Ils partirent prêcher partout (Marc, XVI, 20), ils baptisaient (Act, II, 41) ils célébraient l'Eucharistie (Act, II, 42-46; XX, 7), ils rendaient la justice et punissaient (I Cor, V, 3-5), et transmettaient les fonctions ecclésiastiques (Act, VI, 6; XIV, 23).

La mission de l'Eglise passe sans cesse des Apôtres à de nouvelles générations

Comme l'Eglise s'accroît en nombre, qu'elle s'étend de plus en plus définitivement jusqu'à la fin du monde, les Apôtres se désignent des auxiliaires et des successeurs.

Auprès des Apôtres apparaissent donc dans la primitive Eglise des " Presbytres " (" anciens ") (Act, XV, 22; I Pierre, V, 1-12; Jacq, V, 14), appelés aussi, d'après leur fonction, "évêques" (" surveillants ") (Act, XX, 28) et " diacres " (Act, VIII, 5). Ces collaborateurs sont choisis par la communauté, mais ils reçoivent des Apôtres leurs fonctions et leurs pleins pouvoirs (cf Act, VI, 6; XIV, 23). Ils transmettent leurs pouvoirs à d'autres. Paul transmet à Tite et à Timothée le pouvoir d'enseigner (II Tim, IV, 2-5), le pouvoir pastoral (I Tim, V, 19-21; Tite, II, 15) et la puissance sacerdotale (I Tim, V, 22; Tite, I, 5-9).

C'est aussi ce qu'atteste la primitive Eglise. Clément de Rome, disciple des Apôtres, écrit : "Prêchant à travers les villes et les campagnes, ils éprouvèrent dans le Saint-Esprit leurs prémices, et les instituèrent comme évêques et comme diacres des futurs croyants" (Cor, XLII, 4)."Nos Apôtres avaient appris de Notre-Seigneur qu'il surviendrait des difficultés au sujet de l'épiscopat. C'est pourquoi ils instituèrent, après s'être bien informés sur leur compte, ceux qui étaient tout d'abord désignés, et posèrent ensuite cette règle que, ces premiers étant morts, d'autres hommes éprouvés leur succéderaient dans leur ministère. " (Cor, XLIV, 1)

Ignace d 'Antioche (mort en 110) disciple de l'Apôtre saint Jean, témoigne qu'à la tête de la communauté d'Asie Mineure et jusque dans les régions les plus lointaines (Eph, III, 2), un seul évêque dirige, au point de vue religieux et disciplinaire, chaque communauté. Personne ne doit faire sans l'évêque ce qui revient à l'Eglise. Chaque Eucharistie ne vaut régulièrement qu'accomplie sous la présidence de l'évêque ou de celui qui en a été chargé par lui. Partout où l'évêque se montre, que soit le peuple, de même qu'où est le Christ se trouve l'Eglise catholique. Celui qui honore l'évêque est honoré de Dieu, celui qui accomplit quelque chose sans l'évêque sert le diable. " (Smyrniotes, VIII, 1-2; II, 1)

C'est ici que paraît pour la première fois le terme " catholique ". Le mot vient du grec "katholicos", "général, universel, pour tous ". A partir de 150 le mot devient de plus en plus populaire. Cyrille de Jérusalem explique que le mot "catholique " est le nom propre de cette "sainte Eglise notre mère à tous, qui est l'Epouse de Notre-Seigneur Jésus-Christ ".

Irénée (mort en 202) écrit que la garantie d'authenticité la plus grande de la vraie doctrine est la lignée ininterrompue des évêques depuis les Apôtres: les évêques institués par les Apôtres et leurs successeurs jusqu'à nous ".

La primauté de Pierre et de ses successeurs sur le siège épiscopal de Rome

1. La primauté de Pierre

Parmi les Apôtres Pierre occupe manifestement la première place, comme l'attestent les paroles du Seigneur:
Le Christ lui-même se désigne comme la "pierre", "la pierre angulaire " (cf Marc, XXI, 42), sur laquelle tout est construit.

Mais il veut pourtant prendre l'Apôtre Pierre comme le roc sur lequel il bâtira son Eglise (Matth, XVI, 13-19). Cependant, Pierre se réfère toujours au Christ comme fondement de l'Eglise: "Approchez vous de lui, pierre vivante et vous-mêmes, tels des pierres vivantes, laissez-vous édifier en " maison spirituelle " (I Pierre, II, 4-8). Pierre doit, suivant la volonté du Christ, recevoir "les clefs" c'est à dire le droit domestique et le droit de propriété de l'Eglise. Il devra "lier et délier", c'est à dire suivant la façon de parler des Juifs, qu'il doit être législateur.

Il prie particulièrement pour Pierre, " afin que sa foi ne chancelle pas et qu'il fortifie les frères " (Luc, XXII, 31-34).

La primauté de Pierre tient à sa fonction et non à sa personne; la preuve en est que Jésus la lui attribue en même temps qu'il lui prédit son reniement.

Finalement, Jésus charge Pierre de paître le troupeau.

Il se désignait lui-même toujours comme le Bon Pasteur (Jean, X, 1-8) et appelait sa communauté (Luc, XII, 32). Trois fois Pierre doit affirmer son amour pour le Christ, le " suprême pasteur " c'est ainsi que Pierre le nomme lui-même (I Pierre, V, 4), avant de pouvoir prendre, comme pasteur, la direction du troupeau du Christ.

Le Seigneur prend domicile dans la maison de Pierre (Marc, I, 29). C'est dans sa barque qu'il prononce le mot significatif de "pêcheurs d'hommes" (Luc, V, 10); c'est à la fois pour Pierre et pour lui-même qu'il paie le tribut du Temple (Matth, XVII, 27); c'est à Pierre qu'il lave le premier les pieds (Jean, XIII, 6); c'est à lui qu'il apparaît le premier parmi les Apôtres (Luc, XXIV, 34).

Bien que Pierre n'ait pas été appelé le premier, son nom figure toujours en tête dans les récits évangéliques, avec Judas le dernier. Souvent on lit: "Pierre avec les onze" (Act, II, 14), "Simon et ses compagnons" (Luc, VIII, 45), etc.

Pierre est la personnalité dominante de la communauté primitive : il organise l'élection du remplaçant de Judas (Act, I, 15); il prononce le premier discours (Act, II, 14); il opère le premier miracle (Act, III, 6). Il est - comme déjà du temps de Jésus - le porte-parole (Act, IV, 8). Il fait un voyage circulaire à travers toutes les communautés (Act, IX, 32), et tranche la discussion au concile des Apôtres (Act, XV, 7).

2. Pierre, premier évêque de Rome

Luc ne mentionne pas le but du voyage de Pierre à Rome (Act, 12 17) pour ne pas éveiller l'attention des persécuteurs. Pierre envoie ses salutations de Rome, désignée sous le nom mystérieux de "Babylone" (ville des idoles et de la luxure): "L'église de Babylone, élue comme vous, vous salue" (I Pierre, V, 13).

Paul écrit aux chrétiens de Rome qu'il n'a pas voulu leur annoncer l'Evangile en un lieu où c'était déjà chose faite (Rom, XV, 19-22 et XVI, 17). Or, Pierre est le seul Apôtre dont on signale la venue à Rome.

L'Apôtre saint Jean mentionne le crucifiement de Pierre comme un fait connu des chrétiens (Jean, XXI, 18).

Clément de Rome écrit: "Pierre et Paul ont souffert parmi nous ". Caïus connaît le lieu de sépulture des Apôtres: "Que vous veniez au Vatican ou sur la voie d'Ostie, vous aurez sous les yeux les trophées des Apôtres fondateurs de notre Eglise ". Ignace d'Antioche écrit aux chrétiens de Rome: "Je ne vous commande pas comme Pierre et Paul".

Origène écrit: ."Pierre fut crucifié à Rome la tête en bas". Eusèbe et Jérôme prouvent à grand renfort de documents que la primitive Eglise était absolument certaine du séjour et du martyre de Pierre à Rome.

C'est dans les temps modernes seulement, et parmi les adeptes du protestantisme libéral surtout, que l'on chercha, pour des raisons parfaitement transparentes, à mettre en doute ces deux faits, pleinement confirmés désormais par les fouilles de la Basilique Saint-Pierre.

3. Primauté de l'Eglise de Rome

Parmi les églises chrétiennes qui surgissent de tous côtés, celle de Rome prend une place particulière. Son évêque dirige à la fois l'Eglise entière. Si cette centralisation n'est pas effectivement aussi forte qu'aujourd'hui, en raison de la distance et de la difficulté relative des communications à cette époque, le premier rang de l'évêque de Rome n'en paraît pas moins évident.

Au début du deuxième siècle, saint Ignace d'Antioche écrivant à l'Eglise de Rome, la salue comme "la présidente de la fraternité chrétienne ". Irénée (vers 200) l'appelle "l'Eglise fondée à Rome par les deux illustres Apôtres Pierre et Paul ", " la plus grande, la plus ancienne et la plus connue, car toute Eglise, c'est-à-dire les croyants de partout, doit être en accord avec elle à cause de sa prééminence particulière. C'est en elle que la tradition apostolique s'est toujours conservée pure "; et Irénée cite la liste des évêques de Rome, depuis "les bienheureux Apôtres" jusqu'à "Eleuthère, leur douzième successeur ".

Les évêques de Rome font acte d'autorité. Du vivant même de l'Apôtre saint Jean, qui habite tout proche, le Pape Clément, apaise une querelle à Corinthe. Vers 160, Polycarpe, évêque de Smyrne, vient à Rome traiter avec le Pape Anicet de la date de la fête de Pâques. Vers 190, L'évêque d'Ephèse confère avec le Pape Victor Ier qui, toujours à propos de la date de Pâques, menaçait d'excommunication les Asiates.

Les Papes usent, comme évêques de Rome, de leur autorité contre les hérésies. Le Pape Etienne Ier (255) demande aux Eglises d'Afrique de reconnaître pour valide le baptême administré par les apostats. Le Pape Calixte ler exclut de l'Eglise Sabellius. Corneille condamne le novatianisme. Innocent ler condamne le pélagianisme; Célestin ler, le nestorianisme, Léon ler, le monophysisme. Hégésippe vient à Rome pour apprendre la véritable tradition de foi. Tertullien reconnaît l'autorité doctrinale de Rome: "Si l'Italie est dans ton voisinage, tu as Rome d'où nous vient, à nous aussi, en Afrique, L'autorité doctrinale ". Cyprien de Carthage (mort en 258) appelle l'Eglise romaine "Mère et racine de l'Eglise catholique " (= universelle), "le lieu de Pierre", "l'Eglise principale, le point de départ de l'unité épiscopale", chez les croyants de laquelle "l'erreur ne peut trouver accès ".

Le Concile d'Ephèse (431) déclare: "Saint Pierre continue de vivre dans ses successeurs et exerce son pouvoir jusqu'à ce temps et toujours ". Les Pères du concile de Chalcédoine répondaient à une lettre encyclique du Pape Léon ler par cette exclamation: " Pierre a parlé par la bouche de Léon ! " Saint Ambroise déclare: "Où est Pierre, là est l'Eglise". Saint Augustin dit de l'Eglise romaine " qu'en elle a toujours existé la préséance de la chaire apostolique ".

L'Eglise de Jésus-Christ enseigne infailliblement la divine vérité

Le Christ a donné à son Eglise la mission d'enseigner (Marc, 16, 16). l'Evangile à toute la création ! Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui ne croira pas sera condamné. "

Le salut éternel de l'homme dépend donc de la véritable foi, mais comment, si l'annonce de la foi repose entre les doigts de fragiles humains, sujets à l'erreur, et à l'intelligence incertaine ? Le Christ lui-même devait assister son Eglise afin qu'elle ne s'écartât pas de la vérité qu'il lui avait confiée: "Je vais être avec vous jusqu'à la fin du monde." (Matth, XXVIII, 20). "Qui vous écoute, m'écoute, qui vous rejette me rejette. " (Luc, X, 16.) Et il promet encore à ses Disciples une autre assistance "...un autre défenseur pour être à jamais avec vous : L'Esprit de vérité... il demeurera chez vous et il sera en vous " (Jean, XIV, 16-17). "l'Esprit saint vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. " (Jean, XIV, 26.) C'est pourquoi saint Irénée écrit: " L'Eglise est la maison de la vérité... Ils (les évêques) ont reçu un assuré de vérité suivant la volonté du Père... Où est l'Eglise, là est l'Esprit de Dieu; où est l'Esprit de Dieu, là est l'Eglise et toute grâce; mais l'Esprit est vérité ".

C'est pourquoi saint Paul peut dire que le Christ a "parlé en lui " (II Cor, XIII, 3).Et si quelqu'un annonçait autre chose que lui - fût-ce un ange venu du ciel - qu'il soit anathème ! (Gal, I, 8). C'est pourquoi saint Augustin peut dire aussi de l'enseignement de l'Eglise: "le Christ prêche le Christ".

L'Eglise est donc véritablement: "la colonne et le fondement de la vérité " (I Tim, III, 1s). Bien qu'elle soit composée d'hommes et que, par suite, elle porte en des "vases d'argile" (II Cor, IV, 7) le trésor qui lui est confié, L'Eglise est infaillible.

Grâce à l'assistance divine, les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle: "L'eau pure et sainte qui coule dans l'Eglise ne peut pas être adultérée ", dit saint Cyprien.

Cette infaillibilité vaut pour l'enseignement quotidien de l'Eglise universelle. En dépit de toutes les faiblesses humaines dans la vie et la pensée, L'Eglise en son ensemble ne peut trahir la vérité. Le Pape, comme pasteur et interprète de l'Eglise universelle, jouit du privilège d'une assistance divine particulière: "J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Affermis tes frères " (Luc, XXII, 31) dit le Christ à Pierre, le premier chef de l'Eglise. Donc, le Saint-Père est infaillible quand il parle "ex cathedra" , c'est-à-dire "quand faisant acte de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, il définit du haut de son autorité apostolique suprême la doctrine soutenue par l'Eglise tout entière, au sujet de la Foi et des moeurs " (Vatican I).

L'Eglise du Christ transmet le Salut

Le Christ a fondé l'Eglise pour qu'elle continue son oeuvre rédemptrice à travers les temps: "Comme le père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie " (Jean, XX, 21). " Allez dans le monde entier, proclamez l'Evangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. " (Marc, XVI, 16.) Donc: "Par l'Eglise est manifestée la sagesse infiniment riche de Dieu " (Eph, III, 10). Celui qui entend l'Eglise et son message, celui qui croit et est baptisé (c'est-à-dire qui devient membre de l'Eglise) doit être sauvé. Assurément la Providence divine est toujours libre de conduire les hommes au salut par des moyens extraordinaires, et nul ne se perd que réellement par sa faute, mais la voie ordinaire du salut n'existe pas sans l'Eglise. Seule, L'Eglise est instituée par Dieu comme moyen de salut: "Il ne peut avoir Dieu comme Père celui qui n'a pas l'Eglise pour Mère ", dit Cyprien de Carthage. Quiconque est sauvé l'est grâce à l'Eglise (même s'il ne la connaît pas).

Dans le Nouveau Testament, L'Eglise apparaît comme le corps du Christ (cf par exemple, I Cor, XII, 20-30; Eph, IV, 4-6), dont Il est la tête et dont nous sommes les membres.

Les persécutions de l'Eglise, le Christ les considère comme dirigées contre lui (Act, IX, 4), L'Eglise est le "Christ continué". C'est pourquoi il ne peut pas y avoir de christianisme privé sans "confession". Personne ne peut dire "oui" au Christ et "non" à l'Eglise. Nous recevons la doctrine et la communauté de vie avec le Christ par la prédication et les sacrements de l'Eglise, et pas autrement.